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 La Garde d'Argent, origine.

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Nephelë
Reflet d'Argent


Nombre de messages : 495
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Personnage : Nephelë (PVE) Sayïa (RP)
Classe : Prêtre
Professions : Enchanteresse / Couturière
Date d'inscription : 29/09/2009

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MessageSujet: La Garde d'Argent, origine.   Mar 2 Juil - 20:09

Londres, un an plus tôt.

Un bureau au charme feutré, aux boiseries anciennes et aux étagères richement garnies qui lui donnent une dignité surannée.

« Qu'en pensez-vous monsieur Alistair? »

L'homme a une voix sourde, rugueuse et autoritaire. Sa main se pose sur la couverture du dossier qu'il vient de refermer. Il se renfonce dans son fauteuil dans un craquement de cuir. Tout chez lui donne le sentiment du pouvoir, de son costume à fines rayures issu du meilleur tailleur de la City à l'expression de son visage.

« Bien que l'approche soit particulière, elle a son intérêt. Je pense qu'une telle structure a sa raison d'être, de nos jours. »

Sa voix, claire et posée, à l'élégance notable, s'élève dans la pièce. La diction maniérée et emprunte de contrôle est parfaitement assortie au costume de flanelle grise, à la coupe sobre et au visage fin de l'homme qui reste debout devant le bureau.

« D'autre l'ont pensé avant nous, et vous connaissez les résultats. »

« J'en conviens, cependant nous avons appris de cette erreur. Une structure qui nous serait affiliée, dédiée aux contingences civiles et capable d'intervenir sur le terrain de l'occulte, au propre comme au figuré, c'est intéressant. »

Les deux hommes se fixent, le silence uniquement troublé par le crépitement du feu dans l'imposante cheminée.

« Vous avez confiance en elle? »

« Elle dispose des qualités requise : une forte personnalité, décidée et capable de prendre des décisions. Son projet est remarquablement bien construit. Elle est méticuleuse, perfectionniste... Je suis convaincu qu'elle est le bon choix. »

« Vous détournez la question. Cependant, votre capacité d'analyse est la raison pour laquelle vous occupez votre poste en notre sein... Je vous accorde la création de cette cellule. Moyens réduits en revanche : la partie publique est de son ressort et à sa charge, nous n'investirons pas en elle, deux escouades armées et uniquement des recrues dans son groupe. »

« Cela va si mal ? »

« Pas encore, mais la tempête approche... »


*********

La neige accueillit Allistair quand il sortit de l’imposant Temple Hall, et son visage s’illumina d’un sourire un court instant, en dépit de la situation qui se profilait. Il se remémora une vieille phrase prononcée il y a bien longtemps en rajustant son chapeau :

« Pas de jolie vie de joli chemin si on craint la pluie. »

L'homme contempla la vaste place qui se dressait devant lui dans son élégante majesté, comme une vieille dame dont le charme refusait de passer, laissant son regard s’attarder sur les arcades aux colonnades doriques qui longeaient la route et encadraient le bassin dont les jets avaient été coupés en raison du gel.

Un mouvement dans les ombres attira son attention : il guetta un instant, puis se dirigea vers les arcades. L’écho d’un pas rapide retentit un court instant : Alistair hâta le pas, son manteau claquant au ventpour voir une silhouette disparaitre au coin d'un bâtiment s’engouffrant dans une ruelle étroite menant vers Darkside. Les bourrasques et le gel avaient figé la neige fine en une véritable patinoire à l’entrée de la ruelle : l’homme dut se retenir au mur et Alistair nota le chapelet en bois sombre avec une croix en argent usée et patinée qui pendait à sa taille.

« Il sort enfin de son trou. »

Il accéléra, le cœur battant la chamade : le sol glissant l’obligeait à prendre garde. Il fit irruption à l’entrée de la ruelle, mais celle-ci était vide : le fuyard avait eu le temps de disparaître dans les méandres de Darkside. Le retrouver relèverait du miracle.

Au sol, quelques marche plus bas, la croix et quelques perles de bois étaient tombées : le chapelet avait souffert dans la précipitation. Avec prudence, et après une rapide inspection ésotérique, il s’en saisit et les fourra dans sa poche.

« Tu peux courir, vieux singe... Tu vas devoir répondre de tes actes, répondre à mes questions. Je t’ai forcé à sortir du bois. Maintenant les dettes se paient. »

Alistair rebroussa chemin vers la lumière grisâtre de l’hiver londonien. Avant de quitter la ruelle, il sortit son portable de sa poche et composa un numéro de mémoire. Son regard dur s’adoucit en observant le portrait de celle qu’il appelait, mais sa voix ne trahit aucune émotion lorsqu’il prit la parole.

« Il est d'accord, aux conditions attendues. Je me suis engagé pour vous, ne me décevez pas »

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MessageSujet: Re: La Garde d'Argent, origine.   Mar 2 Juil - 20:10

La cellule d'Andréa était dotée d'un confort peu commun. Il avait su, à force de relations, d'argent, mais surtout par son savoir-être, s'attirer les bonnes grâces de l'administration. Le plus compliqué avait été d'obtenir d'abattre le mur de séparation pour disposer d'un espace confortable.
Il avait ensuite pu aménager les lieux à sa convenance.

Le mobilier reflétait sa personnalité : il avait opté pour du bois, quelque chose de distingué et d'élégant. Le sol était recouvert d'épais tapis confectionnés à sa demande, et il avait remplacé le lit réglementaire par un lit deux places au matelas autrement plus confortable que ceux de l'administration carcérale : il avait toujours eu le dos sensible. Le linge de lit en satin, les oreillers moelleux... Bref, le confort minimum pour un sommeil serein, venaient compléter le luxe de son couchage.

Le reste était du simple et élémentaire nécessaire vital : un fauteuil confortable d'un rouge profond de velours soyeux et ses molletons installé pour une assise la plus ergonomique possible avec son repose-pieds en acajou

En face de lui, à chaque fois qu'il s'asseyait, il contemplait sa fenêtre, les herbes hautes ondoyant sous un vent léger caressant la prairie et faisant se mêler les couleurs or et rouges dans une féérie enchanteresse. Son regard s'arrêtait inexorablement sur cette femme : elle le regardait, l'observait, sa robe se mêlait au ciel comme un nuage, tel un esprit s'estompant emporté dans l'azur. Les trainées nuageuses s'extirpant de son visage comme des larmes. C'était une femme pleurant sur un possible qui n'aurait jamais lieu, un enfant. Il refusait de regarder l'enfant. Chaque jour il s'y reprenait mais le tableau s'embrouillait, voilé par des larmes. Les siennes. C'était son calvaire, sa torture, sa punition, à laquelle il se soumettait chaque jour. La vision de son rêve à jamais brisé : « La promenade » de Monet.

Il avait fait commandé une bibliothèque faite d'une essence rare aux reflets acajou, aux moulure d'une finesse extrême auprès d'un fabricant français dont il avait toujours apprécié le style. Sur les étagères ses livres trônaient, tels des joyaux dans un écrin de velours, leurs couvertures élaborées aux filigranes dorés dévoilées aux yeux de tous comme un trésor. Et ces livres l'étaient, un trésor : des ouvrages rares et précieux portant sur des sujets comme l'histoire, l'archéologie, les peuples anciens, les mystères et légendes de ce monde.

Chaque ouvrage valait une petite fortune. Avant son emprisonnement suite à un malheureux concours de circonstances, car il était méticuleux et aimait le travail bien fait, il avait déjà un penchant pour ces choses. Il avait commencé comme exécuteur, bien que le mot lui déplaise aujourd'hui, et sa valeur au sein de l'organisation mafieuse qu'il servait lui avait valu de monter en grade. Le trafic d'œuvres d'art lui plaisait bien plus : sa collection qui encore aujourd'hui restait privée en avait grandement profité. Aussi avait-il choisi d'améliorer ses compétences dans le domaine.

Comme chaque jour il lisait, ici un ouvrage sur les anciennes légendes gaélique qu'il avait reçu la veille. Un café noir fumait encore sur le guéridon placé à côté du fauteuil. Les gardes avaient appris à se surpasser dans la préparation du café. Un claquement sec et régulier, ne pouvant provenir que de talons d'escarpin, retentit dans le couloir. Quelques sifflets provenant de voisins grossiers s'élevèrent, et sa curiosité piquée par ces deux sons incongrus dans ce lieu le sortit de sa lecture.

Une femme. Pas une de ces femmes modernes, vulgaire et manquant d'éducation comme on en croise souvent, se tenait de l'autre coté des barreaux. Elle se tenait avec une élégance passée. Un tailleur noir sur mesure moulait ses formes exquises, et ses cheveux de jais étaient coiffés en un chignon aux accents glamours alors qu'un maquillage discret mettait en valeur son visage fin aux yeux bleu glacé. Un rapide regard de gentleman lui permis d'apprécier les escarpins aux talons haut qui mettaient en valeur ses jambes interminables au galbe évocateur.

« Jolie bibliothèque. »

« Merci. » répondit un Andréa surpris et flatté

« Et jolie vue. » Le regard de la femme s'arrêta sur le tableau. « Un Monet. J'aime les impressionnistes et il figure dans mes peintres préférés. »

« La preuve que votre sens du goût ne s'arrête pas à votre mise, mademoiselle... » Il marqua un temps d'arrêt poli en la regardant droit dans les yeux, toujours assis.

« Stormwall. Siobhan Stormwall. »

« Et que me vaut une si charmante visite ? »

Elle le fixa un instant, sans un sourire. Il avait de l'expérience et cette femme avait quelque chose de dangereux. Il nota quelques bijou gravés de symboles ésotériques, et l'assurance qu'elle dégageait.

« Je vous emmène avec moi Andréa. »

« Interessant, mademoiselle... »

« Stormwall. Siobhan Stormwall. »

« Et en admettant que vous me fassiez sortir de cette pension charmante et bucolique où je suis en réservation pour encore environ dix ans si je me conduis bien, pourquoi vous suivrais-je ? »

Un instant elle contempla le tableau, et son regard se posa à nouveau sur l'homme et son livre.

« Parce que je vais vous permettre de faire votre pénitence. Vous la regardez tous les jours, n'est-ce pas ? Et vous pleurez à chaque fois. Et l'enfant ? Vous parvenez à le regarder à présent? »

Il se leva d'un bond, hors de lui :

« Mais vous êtes qui ? »

« Je suis la fée qui botte le derrière des sales types. Je les traque, je les trouve et je les élimine. Et vous, vous allez m'y aider. »

Son regard glacé le cloua sur place. Le garde s'approcha d'elle et posa la main sur son épaule.

« Hey ! On se calme mademoiselle! C'est quoi ce délire ? »

Elle ne détourna pas son regard d'Andréa quand sa voix résonna, comme une sentence.

« John Kavinzki, célibataire, joueur et sadique. Vous avez éliminé 7 personnes sous votre garde. Avez vous profité de votre voiture de sport ? Et la petite June, quelle âge avait-elle ? Un paiement, c'est ça ? »

« Qu'est-ce que c'est que ce bordel, mais t'es qui ? »

Lentement elle tourna la tête vers le garde, le toisant, son regard exprimant une rage terrible. A ce moment, les prisonniers hurlèrent, leurs cris rendus inhumains par une terreur aussi abjecte qu'incompréhensible se répercutant dans les couloirs.

« Je sais pas qui t'es, mais si tu te calmes pas... »

Elle le coupa net.

« Tu vas me faire la même choses qu'a June? Non, j'en doute. Tu n'as pas ce courage, tu n'es qu'une ordure qui s'en prend aux enfants, n'est-ce pas ? »

L'homme se mit à hurler, son corps s'effondrant au sol, soumis à une douleur innommable. D'horribles tumeurs apparaissaient sur sa peau, comme si son sang semblait vouloir sortir de ses veines : mais il semblait fait de cristaux qui déchiraient les chairs du garde. Finalement, le corps cessa ses soubresauts. La mort l'avait saisi.

« Cet homme a été payé pour vous tuer, Andréa. Je ne sais pas pourquoi, mais nous allons le découvrir. En fait, c'est le but de ma visite : vous allez m'aider à trouver celui qui veut votre mort et pourquoi. »

« Et pourquoi je ferais ça ? »

« Parce que j'ai sauvé votre vie et que si vous refusez, vous restez ici en attendant une mort sordide. »

« Ok, j'accepte, mais a une condition... »

« Aucune condition Andréa. Vous faites ce que je demande. Vous avez été un sale type, quoi que vous en disiez, et vous avez une chance de rédemption. Ne tirez pas sur une corde fragile, je sais que vous voulez changer, mais tout a un prix, n'est ce pas ? »

Elle jeta un regard entendu au tableau. L'homme se résigna et moins d'une heure après, la cellule avait été vidée de ses livres, remplacés par des copies douteuse, et le tableau avait disparu. Un corps méconnaissable gisait dans la cellule et les autres prisonniers mirent des jours à calmer la terreur qu'ils avaient ressenti, incapables de se rappeler des événements.

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MessageSujet: Re: La Garde d'Argent, origine.   Mar 2 Juil - 20:10

De tout les rades sur terre aucun n'avait de clients aussi détestable sque le Pink Lady, un lieu qui avait sûrement donné sa définition au mot. La salle accueillait une faune à l'haleine fétide, aux mains moites, aux regards torves. La bières que l'on y servait était de la pire qualité, les alcools forts des tord boyaux de contrebandes capable de rendre aveugle ou fou. Quant à la nourriture, il n'était pas rare d'observer une présence douteuse dans son assiette.

Mais ici se tramaient des affaires louches, des arrangements exécrables : on y croisait la pire engeance qu'une femme ait avec regret éjecté de son ventre. C'est pour cela qu'il était là, assis dans un coin, attendant sa proie. Il observait, le visage plongé dans les ténèbres de son chapeau d'où s'échappait la fumée grise d'un havane : un Stetson, qu'il ne quittait jamais, tout comme se bottes, des santiags, et ses deux pistolets. Pour le reste... Un jean élimé, un gilet de cuir dévoilant un torse couturé de vielles et vilaines balafres complétait sa dégaine.

Cela faisait des heures qu'il attendait, sans toucher à sa bière, sans ciller, quand enfin il entra. Dans les ténèbres ses yeux brûlèrent d'une rage qu'il tenait en laisse avec difficulté. Il sentait en lui le pouvoir se débattre, piaffant et bavant comme un étalon qu'on dresse. Lentement, il ôta les sangles de ses armes, prêt à exécuter cet enfant de salaud, vendeur de chair, pourvoyeur de poisons opiacés, meurtrier sadique et salopard devant l'Eternel, quel qu'il soit.

Mais l'homme était accompagné : une dizaine de types. Des hommes de mains, rien de méchant, mais les deux occidentaux à la mâchoire carrée, eux, ils avaient l'air d'une toute autre affaire.

Il avait du mal à se contrôler, à contrôler le feu en lui. Des années chez les Templiers et il n'avait que cette apparence de maîtrise. Pourtant, il devait l'obliger à parler avant de le tuer. Il était en vacances, mais il avait choisi de se rendre utile : un village durement frappé par un séisme, loin des touristes, loin des humanitaires à l'hypocrisie scintillante et à la morale douteuse. Alors qu'il ramenait des matériaux pour reconstruire, cette ordure avait effectué un raid, exécuté ceux qui résistaient ou qui étaient inutiles, les laissant à la merci des charognard, et enlevé les femmes et les enfants pour dieu sait quoi dans cet enfer.

Il les vit s'asseoir, riant, échangeant des messes basses, des billets, la bière coulant sur le sol imbibant un peu plus la silure souillée par les excès en tous genre. Chaque rire lui arrachait une grimace. L'un des étrangers le fixa, le regard happé par le tatouage qui recouvrait la moitié du visage du cowboy. Une aile, et les yeux tels des braises ardentes issues des enfers les plus terribles.

L'instant d'après, une les portes des abysses s'ouvrait. Tamena bondit, dégainant ses pistolets. Ils semblaient presque vivants : un mélange de technologie, de roche volcanique et de lave en fusion. Des balles incandescentes fauchèrent les hommes les plus proches de sa cible. Celui qui le fixait avait saisi un client et s'en était servi comme bouclier, avant de rejeter la carcasse sanguinolente comme on se débarrasse d'un mouchoir usagé.

Dans la salle, les clients sortirent leurs armes. Tout le monde tirait sans trop savoir ce qui se passait, et les hommes tombaient, frappés de plein fouet par des balles, des traits de feu que crachaient les armes du cowboy habité par une fureur dévastatrice.

Cependant, les deux étrangers avait eux aussi dégainés, et l'un d'entre eux, rejetant l'imposant manteau en cuir qu'il portait, révéla un corps atrocement brûlé mais musculeux. Il enfonça sa main dans son ventre, en sortant une lame faite de ligaments et d'os, alors que son compagnon se ramassait sur lui même pour vomir une bile noirâtre sur les cadavre, les animant d'une parodie de vie grotesque.

Tamena, surpris, savait que la situation se dégradait, mais il se battrait jusqu'au bout. Il s'abrita derrière des tables, tirant dans la masse grotesque de ce que furent les clients, ne pouvant qu'assister à la fuite de sa cible par la porte de service. Il hurla de toute sa rage :

« Fils de pute ! Reviens ! J'en ai pas fini avec toi ! »

« Allons, Aigle. Ce n'est pas correct de tenir un tel langage en présence de deux dames. »

Le Templier n'en croyait pas ses yeux, qui remontaient le long d'interminables jambes vers une femme portant escarpin et tailleur Chanel, ajusté parfaitement sur sa plastique incroyable, et ses mais fines qui tenaient un pistolet d'un genre surprenant. A son cou, la croix de l'ordre.

L'homme à l'épée se projeta en avant, pulvérisant la table qui servait d'abri au cowboy, lacérant son torse au passage.

« Deux dames ? J'en vois qu'une, mais si je te tranche en deux, qui sait... »

« Cela, j'en doute, mon antipathique ami. Vous me lassez déjà, aussi je vous laisse à ma très chère camarade. »

D'un geste rapide, elle projeta des étincelles vers Tamena, l'étrange lumière refermant la plaie comme si elle n'avait jamais existé, ignorant d'un mépris éloquent l'escrimeur.

Le sabre organique s'abattit. Impassible, elle fixait son agresseur, mais avant que le sabre ne la touche, une chaîne fantomatique verdâtre le tira vers l'entrée où il heurta une seconde femme portant un mélange d'armure orientale et européenne, un katana brillant à la main, arborant une chevelure d'un blanc immaculé.

« Un sabre c'est ça ? Sympa. Goûte le mien. »

Arahikemi enchaîna les assauts : de taille, de pointe, exécutant des katas d'une précision meurtrière, obligeant son adversaire à se concentrer sur elle. Sorti de sa surprise, Tamena offrait un feu nourri à ses adversaires, les balles transperçant les corps animés d'une vie innommable. Sa colère grondait et montait : il sentait le contrôle fugace s'effilocher : des flammes jaillissaient des canons incandescents, animées d'une fureur issu d'un âge sombre antérieur à l'humanité.

Une main délicate gantée de noir se posa sur la sienne, et une voix glacée et autoritaire résonna à son oreille.

« Les pantins n'agissent que si quelqu'un tire les ficelles. Ta rage se disperse: ressens le soleil en toi exploser dans ta poitrine, canalise le vers ta cible, trouve le marionnettiste. »

Il n'arrivait qu'à faire confiance à la voix de la femme, comme si elle entrait en lui, clarifiant ses pensées. Au prix d'un effort intense il rassembla ses esprits, et ses yeux virent une chose, comme une araignée tissant une toile, reliant les pantins entre eux. Il sut. La colère canalisée en lui, parfaitement contrôlée, se transforma en projectiles sortant de ses armes, déchiquetant le monstre et son compagnon.

Les derniers pantins s'effondrèrent dans la salle dévastée. Plus un bruit ne troublait le silence enfin tombé.

« Merci de votre aide mesdames, mais ce fils de... Ce mécréant s'est enfui ! »

« J'en doute, à moins qu'il ne puisse marcher avec une balle dans chaque genou. »

La femme en tailleur fit signe à son amie, et Arahikemi sortit, ramenant un instant après à travers ce qui restait de la porte un homme qui hurlait de douleur.

« Je suis mademoiselle Stormwall, mais appelez moi Ashkaelon. Drôles de vacances. Nous allons retrouver les gens qu'ils ont enlevé et vous venez avec moi : je vais vous apprendre le contrôle et donner un sens a votre vie. »

« Et pourquoi je vous suivrais ? »

« Je suis charmante, je paie bien, et je vous propose d'aider les gens au lieu de perdre votre talent dans ce genre de plan absurde. Vous êtes un homme d'instinct M. Goossens. Un aigle blessé. Laissez-moi vous guérir. »

Tamena la regarda droit dans les yeux. Des yeux bleus glacés, implacables, mais aussi plein de souffrance, et il vit une lueur fugace qui le décida.

« On commence quand ? »

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Nephelë
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MessageSujet: Re: La Garde d'Argent, origine.   Mar 2 Juil - 20:10

Il y a sept mois, le même bureau.

« … Pour conclure, tout porte à croire que nous avons affaire à de la magie noire et des sacrifices humains. Elle a je pense soulevé un lièvre. »

« Et pas n'importe lequel : ces gens ont des accointances au plus niveau. On ne peut les accuser sans preuves. Sans compter que si ses conclusions s'avèrent exactes, il ne s'agit pas d'un nécromant amateur dans une cave sordide. »

« La piste financière remonte directement à ces gens, si vous consultez le rapport. Les Lewis se sont procurés des artefacts rares et sont en possession d'une copie ancienne du Liber Ebonis. »

« J'ai lu ce rapport. Effectivement, l'exhumation de ce site antique sous couvert de recherches minières est clairement établi, mais si il s'agit d'une copie fidèle à l'original, cet ouvrage doit être récupéré et mis au secret, entre des mains compétentes. Les nôtres. »

« Que faisons-nous, monsieur ? »

« Je serais tenté d'envoyer nos hommes, mais je refuse de mouiller l'Ordre. Nous n'avons pas assez d'éléments. Votre protégée a une unité, non ? Elle connaît la cible. »

« Vous êtes certain, monsieur ? Elle n'a pas encore fait ses preuves. »

« Cessons de jouer : elle a sûrement un plan, tout comme vous. Mettez-la sur le coup, mais discrétion et efficacité : si elle échoue... »

« Bien monsieur. »

Les rouages s'enclenchent, l'homme quitte le bureau et sort son téléphone. Au loin, le ciel se couvre et un vent froid le glace jusqu'aux os.

« Vous avez le feu vert. Lancez l'opération, mais sans filet, comme prévu. »

Il raccroche et remonte son col. Son regard inquiet fixe l'horizon.



*********


Andréa savourait un café finement torréfié tout en contemplant la neige qui recouvrait le parc du manoir où il résidait depuis sa libération anticipée. Il s'attarda sur les statues aux formes estompées par le givre, laissant s'embraser son imagination.

Il aimait cet endroit, son jardin à l'anglaise. Il s'y était promené souvent, affectionnant tout particulièrement le labyrinthe végétal entretenu par un jardinier dont le talent était tel qu'on pouvait le définir comme un artiste. Ses rêveries l’entraînaient dans des scénarios fantasques propre aux poètes romantiques, comme pris dans cet autre monde ceint au cœur de la forêt entourant le domaine.

L'odeur du mélange spécialement préparé à son intention avait envahit la pièce et s'harmonisait au craquement du bois dans la cheminé ou ronflait un feu appréciable. Le confort de l'endroit était à la hauteur de ses attentes, bien que depuis son arrivée il n'ait pas quitté les lieux et ait travaillé sans relâche. Le bureau encombré de papiers et de tableaux noircis de chiffres témoignait de la besogne monumentale qu'il avait accomplie.

Des années au sein de la pègre lui avait appris comment débusquer les manœuvres et les tentative d'échapper aux curieux. Pour lui, les chiffres et les données comptables étaient comme des pistes que l'on suivait en forêt. Comme un chasseur aguerri, il avait traqué sa proie au gré des colonnes et des décimales.

Un coup sec et discret à la porte confirma une visite que le bruit familier des talons avait déjà annoncé. Il en venait à se dire qu'elle produisait ce son uniquement pour lui.

« Entrez » ,dit il avec son accent italien qui lui donnait cet air charmeur : une voix suave et éraillée juste comme il fallait. Autrefois, il avait envisagé une carrière de crooner à la Sinatra.

Elle entra avec toute l'élégance et le raffinement qui la caractérisait. D'abord son parfum Chanel, sans aucune faute de goût, puis le bruit de ses escarpins parfaitement rythmés, de petits pas. Il aimait cela chez les femmes, cela leur donnait une démarche ravissante, pas ce balancement de hanches vulgaire et ostentatoire.

« Bonjiorno, sinora Stormwall »

Il se retourna pour faire face à la jeune femme et lui adressa ce regard qui aujourd'hui encore faisait fondre les femmes. Andréa ne désespérait pas d'un jour la faire rougir, mais aujourd'hui il se contenta d'un sourire discret et d'apprécier la plastique de sa patronne, juste assez pour qu'elle le remarque mais pas suffisamment pour être grossier.

« Félicitations, votre travail a porté ses fruits. Nous avons reçu l'ordre d'agir : ce sera ce soir. »

« Un café pour fêter cela ? »

Il prit la cruche qui maintenait l'amer breuvage à une température convenable et entreprit d'en verser une tasse.

« Le café, c'est tout un art, vous savez... Sa torréfaction obéit à des principes exigeants. Obtenir le parfait mélange relève du génie, et ceci... »

Il tendit la tasse d'où s'élevait un léger fumet.

« Ceci est un nectar des Dieux. Autre chose que ce que vous buvez à longueur de journée, si je puis me permettre. »

Elle accepta sans un mot et porta le liquide noir à ses lèvres, appréciant la saveur et l'arôme de celui-ci. Il était impossible pour Siobhan de déterminer si l'arôme du café de l'italien relevait de l'odeur énivrante ou du goût exquis de celui-ci : a la fois fort, puissant et délicat.

« Que dire... »

Elle marqua une pause, avalant une autre gorgée.

« Vous faites d'une tasse de café un songe, Andréa. Vous êtes au café ce que Michel-ange est à la sculpture. »

Un instant, il se regardèrent, et l'homme rougit. Elle sourit à ce spectacle.

« Ce soir, alors ? »

La voix de l'homme les ramena à un contexte moins amical, plus professionnel. Siobhan tourna la tête vers le tableau aux couleurs d'été avant de répondre :

« Oui. Ce soir, Monsieur Allighieri. »

Tous deux regardèrent la femme et l'enfant dans ce champ aux teintes variées, tous deux regrettant une vie perdue ou inaccessible.

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MessageSujet: Re: La Garde d'Argent, origine.   Mar 2 Juil - 20:11

La voiture filait au cœur de la campagne anglaise : un bolide argenté, chef d'œuvre de mécanique anglaise alliant luxe, esthétisme et puissance. Au volant, le visage de sa conductrice aurait surpris plus d'un de ses collaborateurs : elle arborait un sourire étincelant. Elle exultait. Quiconque l'aurait aperçue aurait sûrement vu une toute autre femme que l'implacable Ashkaelon.

Quelques heures plus tôt, un appel lui confirmait que son équipe allait entrer en scène, et elle avait aussitôt pris la route pour rejoindre son officier des opérations. Ensemble, ils allaient planifier les détails de l'assaut, regrouper les hommes, et enfin frapper.

Au sortir d'un virage se dessinait enfin sa destination. Bien sûr, elle aurait pu se contenter d'un appel, mais la personne qu'elle allait voir et l'occasion d'apprécier son coûteux caprice à la sellerie de cuir et aux boiseries précieuses avaient primés. Bientôt elle dépassa les maisons de pierre aux jardins impeccables, et à la hauteur du pub, deux jeunes hommes suivirent du regard la voiture et sa conductrice.

Alors qu'elle traversait le pont, elle put apercevoir le majordome qui sortait de la demeure cossue : un manoir anglais conservé dans un état impeccable, avec son toit en ardoise, ses linteaux blanc et son parc. Elle manœuvra avec douceur pour se garer à proximité du perron, et deux grands dogues accoururent en aboyant. De grands chiens, gris et majestueux, qui auraient pu réduire en pièce des intrus sans grand effort, mais leur loyauté et leur fidélité à leurs maîtres était légendaire.

« Un plaisir de vous voir, mademoiselle. »

Le majordome, un homme de haute stature, solide et noueux comme la lande qui l'avait vu naître, portait une livrée impeccable. Bien que ses cheveux se teintent de gris, il gardait une vivacité et une forme éclatante. En quelques pas, il l'avait rejointe avec un parapluie pour la protéger de la pluie qui avait commencé à tomber.

« Un plaisir partagé Nelson. »

Elle accompagna l'homme tout en gratifiant les deux chiens d'une caresse amicale.

« Ne les laissez pas vous accaparer, mademoiselle. »

Il prit un ton plus sec.
« Tonnerre! Foudre ! Assis ! »

Les deux impressionnants dogues obéirent en gémissant.

« Allons Nelson, ça va, je vous assure. Vous avez de ces friandises qu'ils adorent ? »

Le majordome ne cilla pas et fixa la jeune femme avec sérieux alors que les deux molosses les fixaient, suppliants.

« Mademoiselle Siobhan, ce sont des chiens de garde et de chasse, pas des chiots ! »

Il prit son air pincé, faisant honneur à sa profession par son flegme imperturbable.

« Allons, Nelson ! Juste une petite friandise ! cela ne leur fera aucun mal... »

Elle le fixait avec un air plein d'innocence, presque un regard de jeune fille, qui aurait fait succomber le plus terrible des hommes. Nelson n'était pas de ceux-là, et en soupirant il sortit de sa poche des friandises en forme d'os pour les tendre à la jeune femme.

« Un jour je saurai vous résister. »

Il soupira en voyant les deux dogues attraper au vol les gâteries que lançait Siobhan.

« En entraînement ? »

« Comme chaque jour mademoiselle. Venez, je vous escorte avant que vous n'attrapiez la mort sur ce perron. »

Il la suivit dans la demeure et pénétra dans le grand hall avant de la débarrasser de son manteau.

« dois-je vous préparer une chambre ? »

« Non, ce ne sera pas nécessaire Nelson, même si j'aimerais bien rester ici à profiter de votre cuisine. En revanche, vous devriez préparer un paquetage, nous partons ensemble dans moins d'une heure. »

« Ce sera fait mademoiselle. Vous connaissez le chemin de la salle d'armes... »

Elle emprunta le couloir après un bref signe de tête. Les murs étaient couverts de tableaux représentant de dignes ancêtres ou des paysages champêtres, des armures trônant par endroits, les boiseries impeccables préservées des ravages du temps par un entretient minutieux. Enfin, elle entra dans la salle d'armes où deux combattants étrangement accoutrés s'affrontaient.

Les deux adversaires portaient un masque en bois, une lourde tenue renforcée par de multiples couches de tissu, des protections aux jambes et aux bras. Pas de pantalons, mais une sorte de jupe, le genre de tenue d'escrime orientale assez inattendue dans une salle d'arme anglaise.

Les échanges étaient précis et violents. Les sabres de bois s'entrechoquaient dans des bruits secs. Aucun des deux combattants ne réagit à son entrée, aussi elle observa. L'un des deux frappait et menait des assauts virulents alors que l'autre adoptait une infranchissable défense. Son sabre semblait pareil à un mur inébranlable, et régulièrement ce formidable défenseur portait une attaque qui semblait agacer son adversaire sans pour autant le mettre à terre.

Le combat se poursuivit quelques minutes, quand soudain le défenseur changea de tactique : débordant son adversaire il exécuta un enchaînement puissant, brisant les manœuvres de l'ennemi avec une aisance surnaturelle avant de le mettre à terre.

Le combattant vaincu accepta la main tendue de son adversaire, l'aidant à se relever. Dans le calme, avec un respect réel, ils se saluèrent et ôtèrent leurs masques.

Victorieuse, la jeune femme aux cheveux blancs serrait la main de l'homme qui souffrait de l'assaut qu'elle avait mené.

« Allez voir Nelson, James, qu'il jette un œil a tout cela. »

« Bien milady. »

« Camille, tu m'impressionnera toujours ! Sun Tsu ? Connais ton ennemi, découvre ses faiblesses et exploite les. Apprends ses talents et détourne-les. »

« En effet. Mais je suppose que tu n'es pas là pour me citer Sun Tsu. »

« Ca y est, c'est parti. On agit ce soir : ton équipe est parée ? »

La moue offensée de la jeune lady amusa Siobhan, mais elle n'en montra rien.

« Parée ? Nous le sommes depuis des mois, il est temps d'agir ! Un général qui laisse ses meilleurs lames rouiller perd son avantage. »

« C'est toi qui cite le maître désormais. Habille-toi, on y va. Camille reste ici, c'est Arahikemi que j'emmène. »

« Je te suis Ashkaelon. »

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MessageSujet: Re: La Garde d'Argent, origine.   Mar 2 Juil - 20:11

Lieu inconnu, le soir même : un manoir au cœur de la lande anglaise.

Elle avance. Le vent balaie la lande, le cuir du manteau claque comme les ailes d'un dragon. Son regard ne cille pas : le bleu glacé de ses yeux perce les ténèbres. Fière et élégante dans son tailleur noir parfaitement ajusté, elle se dresse face à la bâtisse antique.

« Mademoiselle, les relevés sont hors norme : quoi qu'ils doive se passer ce soir, ça commence. »

Elle écoute dans son oreillette, minuscule engin, trésor de technologie lilliputienne, confrontée à un savoir antique aux proportions cosmiques. L'idée la fait sourire : elle sent ce pouvoir en elle sans toute cette technomagie, elle perçoit comme le jouet en acier à son coté fait pâle figure face à ce pouvoir.

« On entre : équipe Seraphim, entrez et descendez moi ces ordures. Ramenez moi le père ou la mère pour interrogatoire, gardez la fille en vie. Equipe Jéricho, faites moi disparaître ce manoir, Spark un et deux, trouvez les sacrifices et sortez-les de là, j'entre. »

Dans le noir, des hommes se ruent vers les fenêtres et les portes. Des explosions et le bruit des armes automatiques retentissent. Ils entrent et se propagent, ils s'écoulent dans les pièces tel un feu vengeur : le souffle divin qui s'abat sur les impies.

Dans les ténèbres, le dragon rugit, elle le sent. Le pouvoir... Ils ont ouvert le livre, ils ont libéré son pouvoir. Mais elle est une lame, elle n'a pas peur, elle ne tremble pas.

Les talons résonnent dans le grand hall : deux choses qui n'ont plus rien d'humain exhalent un hurlement guttural, sa main se lève, le carmin se mêle aux humeurs noires et corrompues. Elle se dit que le bruit de leur corps heurtant le sol est étrange, sec.

Les talons claquent. Elégante et terrible, elle passe à coté de leur carcasse desséchée.

Le souffle se répand dans les couloirs : la technologie crache son venin sur les maléfices antiques et les innommables engeances venues au monde dans cet antre. Le dragon a tout corrompu, ils se sait piégé : il se contorsionne et rugit.

« Ici Spark un et deux, contact avec l'ennemi, 14 sacrifices à extraire : on évacue. »

Sa voix est glaciale, elle se dilue dans les méandres électroniques, modulée et compressée puis transmise, mais modifiée ? Faussée ? Elle y pense un instant.

« Seraphim, le rituel a commencé : ils vont manquer de sacrifices. On converge dans les sous-sol. Jéricho, statut ? »

« Charges en place, on couvre la sortie de spark. »

Elle descend les escaliers de pierre. Une odeur abjecte remonte des entrailles de cet enfer : le souffle du dragon contre celui de Dieu... Les hommes la suivent, ils cheminent dans les boyaux, dans le ventre de la bête.

Les ombres vivent ici, elles murmurent, elle les entend. elle sait quels secrets elles chuchotent : les abîmes parlent à travers elles. Des bouches sans visages rugissent au milieux d'amas de chairs répugnants. D'indicibles horreurs hantent ces lieux.

Le dragon se dresse au cœur du labyrinthe, furieux, car il a promis des âmes et du sang aux choses qui rôdent par delà le seuil de la raison. Le rituel a commencé : ils réclament leur dû. Drapé dans sa robe de sang aux coutures d'or, le dragon dévore ses petits, il les offre aux milles bouches avides qui hurlent à l'horizon de notre conscience.

Les fidèles hurlent leur extase tout en offrant leur vie dans de terribles souffrances. L'homme aux yeux de serpent siffle vers elle. Une main délicate, manucurée et peinte de teintes carmines se tend : le sang appelle le sang, elle écoute son chant et reprend en écho. Le dragon lâche son précieux livre : il entend le chant, il voit la mort : elle est superbe et son regard est bleu et glacé.

« Installez les reliques, il faut fermer la faille ! »

Les chevaliers s'élancent : Seraphim rouge et noir, serviteurs du souffle divin, ils scellent la fissure. D'ignobles tentacules noires et buboniques arrachent quelques victimes en guise de protestation, ultime défi à la face du Tout-Puissant.

Le dragon vêtu de pourpre hurle, son sang se transforme en feu, son corps se noircit. La vie le quitte dans une douleur hideuse, la rage en lui demeure jusqu'au bout.

Une main tente de saisir le livre sur l'autel, son talon la transperce, elle écoute le flux carmin de la vie et le domine, les traits écarlates foudroient les fidèles corrompus, lames de rubis déchirant les chairs. Exsangue, la sorcière s'effondre. Elle vit, elle souffre, elle respire : elle parlera.

« Nous avons isolé la fille : quels sont les ordres ? »

Elle regarde et voit le dragon tressaillir. Elle voit les sectateurs, abjects et difforme. Elle est l'épée qui transperce l'illusion et les mensonges, elle est celle qui apporte la justice.

Dans la salle du rituel, où s'étale l'horreur du culte, les arches de pierre renvoient le bruit des combats. Fauchés par les les balles des fusils comme autant de larmes vengeresses, les sectateurs s'effondrent.

« Je vous rejoins. »

La fille est là, hagarde, perdue. La flamme dans son cœur est faible, mais la lumière ne se trompe pas, elle peut être sauvée. Dieu est vengeur mais il est aussi amour.

Elle est à genoux, les mains sur la tête. La femme s'approche, terrifiante incarnation de la justice divine : son regard la glace. Elle sort un automatique : le contact du canon sur son crâne lui coupe le souffle. Elle veux vivre. Elle veut autre chose: une autre vie, une autre chance. Elle veut renoncer aux ténèbres, pas y plonger.

« Je ne veux pas mourir. »

La voix est distordue par la peur : elle tremble, mais il y a du courage qui se terre en elle, les nuances d'une formidable envie de vivre.

« Pourquoi t'épargnerais-je? »

« Je ne suis pas comme eux, pas comme mes parents. Je refuse leur monde, je veux rejoindre la lumière. »

Elle lève son regard le long de l'arme vers la femme qui la menace. Elle tient son destin entre ses mains. Le temps semble figé dans cet échange, quelque chose se passe : le regard inflexible lit la vérité dans le cœur de la jeune Lewis.

« Rejoins-nous alors : jure moi fidélité, scellons notre pacte. Je te guiderai vers la lumière. »

« J'en fais le serment sur mon âme. »

« Tu es à moi : ta vie m'appartient. Trahis-nous et tu découvriras qu'il y a pire que la mort. »

Elle range l'arme. Sa main exécute une étrange passe : les poignets s'ouvrent le sang se mêle, scellant le serment.

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MessageSujet: Re: La Garde d'Argent, origine.   Mar 2 Juil - 20:12

Londres, la nuit, le fog, un an après :

En sortant du pub, Mélissa ajusta son manteau. Relevant le col, elle s'engouffra dans les rues de Londres. La pluie glacée était cependant insuffisante pour lui faire regretter l’opportunité d'une nuit au chaud que lui avait offerte la blonde platine.

Elle baissa les yeux en grommelant vers ses Doc Martens : l'eau s'y engouffrait et lui promettait une nuit pénible. Son ventre émit un gémissement plaintif : négligemment, elle plongea sa main dans la poche de son jean cargo élimé à la recherche de ses derniers deniers.

« Fait chier ! »

Ses doigt ne rencontrèrent qu'un vide en lieu et place des quelques pièces qu'elle avait réussit à gagner dans la journée. La poche trouée avait fait disparaître son espoir de repas du jour, et elle sentit la déprime la gagner à mesure que la pluie plaquait ses cheveux bleus sur son crâne.

« Bon ben... Pas le choix... »

Elle reprit sa route vers la ruelle qui desservait les quelques restaurants du coin. Sa famille lui manquait, sa vie lui manquait, mais elle ne pouvait pas rester près d'eux, trop dangereux. Elle entreprit d'ouvrir les bennes sans trop faire de bruit. Un chat errant la regarda avec un air de propriétaire, juché sur l'une d'entre elle.

« Hey, pas de soucis la peluche, c'est ta benne, j'en prends une autre. Après tout, toi et moi on est pareil... Les poils en moins. »

Ses fouilles lui permirent de trouver un sandwich jambon-mayo entamé et quelques viennoiseries encore mangeable. L'ensemble avait une texture molle à cause de la pluie et un léger goût rassis, mais ça aurait pu être pire. Elle avait même une demi bouteille de bière pour arroser sa soirée. Finalement, elle allait pas passer la nuit le ventre creux.

Tout en dévorant sa prise de guerre, Mélissa se dirigeait vers le fond de la ruelle. Il y avait un petit escalier qui descendait vers la sortie condamnée d'un vieil immeuble, avec quelques cartons : elle serait au chaud ce soir.

« Mademoiselle. »

Elle se retourna au son de la voix féminine qui l'interpellait. La femme aux cheveux platine se découpait dans la lumière vive et crue des néons de la rue. Deux hommes en costume sombre l'accompagnaient.

« Je vous ai dit que j’étais pas intéressée ! »

« je l'avais compris. Cependant... Vous n'avez pas vraiment le choix. »

D'un geste, elle donna l'ordre à ses compagnons d'avancer.

« Vous devriez pas faire ça m'dame, je veux pas vous faire de mal moi. »

Elle sentait ce picotement qui remontait le long de son dos, comme un frisson électrique, prélude à un déchaînement qu'elle redoutait.

« Alors suis-nous et sans résistance. Tu as un don, ma jolie... Et si nous ne t'avons pas… On va dire que personne ne t'aura. Suis-je claire ? »

Les deux hommes n'étaient plus qu'à un mètre d'elle et l'un d'entre eux avait un pistolet en main.

« Vous... Reculez ! Vous savez pas ce que vous risquez ! Ok ? Vous devriez m'écouter ou bien... »

Avant qu'elle n'ait pu finir sa phrase, la blonde l'interrompit :

« Ou bien quoi ? Tu crois que je ne sais pas ce que tu es ? »

La main de la femme se dressa, une flamme bleutée émergeant de sa paume. Elle la fixait d'un air effrayant, et les mêmes flammes dansaient dans ses yeux.

« Ecoute-moi, petite pouilleuse. Tu peux rejoindre nos rangs et vivre comme une privilégiée, ou bien… Ou bien je devrai te tuer. Simple, non ? »

Mélissa sentit une boule au creux de son estomac et le goût de la bile remonter jusqu'à sa gorge. Depuis que toute cette histoire avait commencé, sa vie allait de mal en pis. D'abord les dégâts qu'elle provoquait... Les rêves, sa chambre complètement retournée, les objets qui volaient et les meubles brûlés... Elle avait du fuir, loin, loin de sa famille, de ses amis et des autorités.

« Non. »

Elle avait parlé sans même s'en rendre compte. Elle avait peur mais elle savait qu 'elle ne voulait pas suivre des gens qui menaçaient de mort pour recruter. Elle refusait qu'ils l'utilisent pour dieu sait quoi de malsain.

« Comme cela te chante petite, mais je pense que tu n'as pas le choix. Entraînée, peut-être que tu saurais te défendre, mais là... Et j'ai menti. Je ne vais pas te tuer. »

Son visage se déforma sous l'effet d'un rictus mauvais : ses yeux n'étaient plus que des flammes exprimant une sauvagerie terrifiante. La femme, habillée d'une robe élégante avec son manteau hors de prix, avait jeté son parapluie et crépitait maintenant d'une aura bleu, vaporisant la pluie qui tombait sur elle.

« Je vais te blesser, et une fois que tu seras capturée, je trouverai ta famille, je la torturerai jusqu'à ce que tu décides de bosser pour nous, et si tu refuses encore, nous les tuerons un par un et ce sera long. Long et douloureux. »

Dans un élan de désespoir, elle se rua sur la femme, projetant les deux hommes de part et d'autre de la ruelle, son pouvoir libéré dans une fureur née de ses frustrations.

« Pas mal ! Tu as du potentiel, j'en étais sure. »

Frappant de toute sa rage, elle se heurta à la blonde, mais sans le moindre effet. D'un revers de la main son adversaire la renvoya au sol. Le choc lui fit perdre pied, et son pouvoir reflua.

« Espèce de salope... »

La jeune fille saisit un pavé au sol, s’apprêtant à se relever, quand une douleur aiguë la cloua au sol. L'un des deux hommes avait ouvert le feu sur elle. Un pistolet taser. Son corps engourdi s'écroula alors que la blonde se penchait vers elle, dévoilant une broche en triangle avec un œil en son centre.

« Comme je te l'ai dit, tu n'as pas le choix. »

Elle la gifla brutalement, faisant couler le sang dans la bouche de la vagabonde.

« Emmenez cette petite loqueteuse. »

Sortant de son sac un étui doré, elle en tira une cigarette. Un instant, la flamme du briquet illumina son visage : il ne restait rien des traits doux et séduisants de la femme. Juste un visage terrible déformé par la rage.

Terrifiée, Mélissa vit les homme s'approcher. Soudain, l'un d'eux s'effondra, son front transpercé d'une balle. Le claquement de l'arme retentissait en écho contre les murs de la ruelle. Le second rejoignit aussitôt son acolyte alors qu'une auréole carmine s'étendait sur son torse.

« Vous savez... Fumer va vous tuer lentement. »

Dans l'embrasure de la ruelle, une femme en robe de soirée, fendue haut sur la cuisse et révélant des jambes qui en d'autre circonstances auraient été pour Melissa un spectacle agréable tendait un pistolet encore fumant à un homme en uniforme de chauffeur.

« Que… Si tu crois que tu va t'en tirer ainsi ! »

La blonde pivota comme un serpent prêt à frapper, et les flammes dansèrent autour d'elle.

« J'en doute. »

dit l'inconnue en soupirant, comme si la situation n'était qu'une sorte de gène passagère.

« Vous disiez quoi au fait ? Long et douloureux ? »

Elle tendit la main vers la blonde en robe immaculée.

Un gargouillement parvint aux oreilles de Mélissa, puis un cri, un cri de souffrance. La robe blanche de son agresseur se teinta de rouge, puis le ruisseau dans la ruelle, à mesure que ses veines éclataient les unes après les autres.

Sa peau se colorait de bleu en masses tuméfiées, comme si le sang se massait en différents endroits : la douleur semblait insurmontable. Finalement, les masses déchirèrent la peau, laissant échapper un sang aux teintes sombres. Finalement la blonde s'effondra en agonisant dans une mare de sang, le visage dans un ruisseau rouge et sale.

Le claquement des talons de l'inconnue retentissait dans le silence de la ruelle : des escarpins élégants. Mélissa leva les yeux vers elle, résistant à l'envie de s'attarder sur le spectacle ravissant qu'elle offrait alors qu'elle s'accroupissait.

« Je travaillerai pas pour vous non plus, j'ai rien demandé. »

Le visage de l'inconnue, encadré de cheveux noirs de jais arrangés dans une élégante coupe de pin up des années 50 lui faisait face et ses yeux d'un bleu glacé se teintèrent de surprise.

« Je vous demande rien non plus, jeune fille. Je suivais cette femme, Monique Blackwood. Une Illuminati et une garce psychopathe. Elle enlève des gens comme vous et les... »


Elle marqua une pause signe d'hésitation avant de reprendre avec un haussement de sourcil charmant.

« … Dresse pour ses maîtres . »

La main gantée de satin de l’inconnue passa sur sa joue, et un réconfort soudain la parcourut à mesure que son corps engourdi retrouvait ses marques. Elle la protégeait de la pluie avec son parapluie.

« Mais... Je... Vous êtes qui ? »

« Vous ne connaissez pas ce monde n'est-ce pas ? Vous ne savez rien des forces qui se déchirent pour le pouvoir ici-bas. »

« Non... »

« Je vois. »

Elle marqua une pause, tout en fixant la jeune femme.

« Je peux vous aider. En tout cas, on peut vous apprendre à maîtriser ce qui vous arrive, mais travailler pour une des factions vous oppose aux autres. Cependant, il y a une règle et seule : vous êtes une proie. C'est votre choix, vous devez le faire de votre propre volonté. J'ai vécu cela avant vous. »

« Et vous êtes les gentils, c'est ça ? »

Mélissa risqua un coup d’œil au corps sans vie qui gisait non loin.

« Non, je suis pas une gentille. Je suis la méchante fée, je punis les méchants et je les traque. Mais si tu veux savoir si je suis comme elle, non ce n'est pas le cas. Je veux protéger le monde de ce qui se cache dans les ombres. »

L'inconnue ouvrit son sac et en sortit une carte qu'elle lui tendit.

« Offre-toi un repas décent et une nuit au chaud. Si tu veux mon aide, sois demain à cette adresse. Sinon, tu ferais mieux de quitter la ville, ses amis te traqueront. Ils ont déjà décidé de t'avoir et ils ne renonceront pas. »

Incrédule, elle regarda la femme s'éloigner et monter à bord d'une Bentley aux lignes épurées. Sur la carte, un nom : Stormwall, Siobhan Stormwall, et une adresse. Avec la carte une liasse de billets de 500 euros. Au moins, elle pourrait s'offrir un nouveau jean et de nouvelles chaussures, sans compter la nuit au chaud dont elle sentait avoir infiniment besoin.

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