FAQPortailAccueilRechercherAllgendaS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nephelë
Reflet d'Argent


Nombre de messages : 502
Age : 28
Personnage : Nephelë (PVE) Sayïa (RP)
Classe : Prêtre
Professions : Enchanteresse / Couturière
Date d'inscription : 29/09/2009

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   Mer 13 Juin - 16:19

[A noter que ce journal commence avant l'agression de Sophia de début de campagne]





Le serviteur hésita un instant a l'entrée de la vaste salle : assis dans un trône de jais richement décoré et rehaussé de rubis, la silhouette de son maître se dessinait. La lumière ambiante, rouge sang, projetait des ombres malsaines qui semblaient presque vivantes. Il traversa l'endroit d'un pas rapide : des algues et des plantes aux couleurs glauques avaient recouvert les fresques relatant un passé guerrier et glorieux. Par endroit des serpents et des insectes observaient la proie potentielle que représentait l'intrus.

« Maître, vos apprentis sont prêts. Le vaisseau est paré au décollage, selon vos désirs. »

« Tu ris, n'est ce pas ? Tu te moques de moi ! Je t'ai tué ! Je peux recommencer. Bientôt elle sera à moi ! Rien qu'à moi ! Elle et ce qu'elle me cache depuis si longtemps... »

Le Sith au corps massif et déformé, monstrueuse caricature où l'on percevait la noblesse et le charisme de ce qui aurait pu être, regardait un holocron à l'air ancien, d'une réalisation peu commune.

« Je… Maître ? »

Des yeux jaunes comme ceux de fauves, exprimant une folie teintée de bestialité, s’attardèrent sur le serviteur. D'un bond il se jeta sur l'homme, le saisissant à la gorge, écumant de rage .

« Arrête de rire ! Tu es mort tu m'entends ? Je t'ai tout pris ! Tout ! »

« Tout sauf elle... »

Aucun mot ne sortit de la bouche du serviteur. Aucun n'en sortirait plus d'ailleurs. La chose s'acharna encore un peu, le ballottant comme une poupée de chiffon, broyant la trachée et les vertèbres jusqu'à ce que la tête pende de façon hideuse et grotesque.

« Bientôt... Bientôt mon frère, mon père... Mangez, mes petits... Nettoyez moi ce rire... »

Avec un étrange gloussement nerveux, il se leva et sorti de la salle du trône, emportant l'holocron. Au sol, le corps se recouvrit d'insectes : sous peu il ne resterait rien de ce qui fut un homme.

****************

La pièce se mua dans un étrange silence : lentement le ballet de la vermine dansa autour du sacrifice qui lui étiat offert, tissant un cocon autour de lui. Le cocon tressaillit, animé de soubresauts. Des doigts comme des griffes déchirèrent la toile, une bouche morte aspira l'air vicié et le cadavre se leva. Il se dirigea vers la sortie d'un pas saccadé, un sourire cynique et dérangeant sur le visage.

****************

A bord du vaisseau de liaison dont les boucliers crépitaient en laissant une traînée fuligineuse dans le vide spatial, Sebekk regardait son croiseur amiral. Cet appareil aux dimensions impressionnantes répondait au nom de Sovereign et trônait, immobile, à proximité d’une étoile à neutrons. Seuls le blindage particulier et les formidables écrans de ce monstre assuraient la survie de l’équipage : un vaisseau ordinaire n'aurait pu les protéger que quelques minutes, peut-être une heure pour les plus résistants. C’était juste ce qu’il fallait aux appareils plus conventionnels que l’équipage utilisait pour agir dans cette partie de la galaxie.

Des qu’ils furent sortis de l’influence gravitationnelle de l’étoile, l’appareil enclencha l’hyperdrive, muant le paysage en un flou étrange : Coruscant n’était qu’à quelques jours de voyage.

****************

A bord du Sovereign, ce qui fut le serviteur de Sebekk arriva dans la salle des ordinateurs. Ses doigts morts pianotèrent rapidement, laissant défiler les écrans holographiques devant ses yeux éteints et fixes. Quelques manipulations et la base de donnée fut copiée et fragmentée avant d’être dispatché dans le bruit de fond du vaisseau. Dans des caves obscures et des lieux reculés, des installations poussiéreuses prirent vie en vrombissant et reçurent ces données, les stockant avant de s’éteindre à nouveau dans une sorte de soupir.
Une dernière série de codes entrée dans les systèmes réveillèrent des programmes qui s’étaient copiés et recopiés discrètement au fur et à mesure des mises à jours et des évolutions qu’avait connu le vénérable vaisseau. Sa mission remplie, le cadavre retourna à la salle du trône et s’effondra, pantin écoeurant ayant fini sa singulière tache.


Dernière édition par Asha le Jeu 14 Juin - 3:01, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://ishtart.deviantart.com
Nephelë
Reflet d'Argent


Nombre de messages : 502
Age : 28
Personnage : Nephelë (PVE) Sayïa (RP)
Classe : Prêtre
Professions : Enchanteresse / Couturière
Date d'inscription : 29/09/2009

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: Re: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   Jeu 14 Juin - 2:58

L’appareil quitta sans heurt la vitesse hyperluminique pour émerger dans le système qui abritait Coruscant. Le contrôle spatial accueillit les codes d’identification avant d’autoriser le pilote à se diriger vers le spatioport. Manoeuvrant avec habileté, l’apprenti s’inséra dans le flux dense de vaisseaux de tous types qui formait le trafic incessant autour de la ville planète, siège de la République et de la démocratie, haut lieu de représentation du Sénat.

Bien que la sécurité se soit renforcée, un simple transporteur de faible tonnage n’attirait pas l’attention. De plus, Sebekk et ses apprentis restaient discrets, tapis dans la Force et dans l’ombre. Il attendait son informateur : un de ces Siths pitoyables, issu de cet Empire décadent de sang-mêlés et d’aliens.
Avacin, puisque qu’il se nommait ainsi, avait cependant quelques atouts pour un seigneur Sith dont le talent n’était ni les armes, ni l’usage offensif de la Force. Il était fasciné par l’histoire des Siths et la collecte de pièces anciennes et rares, source de pouvoir inévitablement. Sebekk avait eu recours à ses services pour collecter des éléments essentiels à la réalisation de son holocron : une fortune considérable pour un objet si petit.
L’entrevue fut brève. Comme toujours, l’humain se sentait comme une proie en sa présence. Ou bien était-ce l’attitude de ses apprentis ? Il est vrai qu’un seul d’entre eux aurait pu l’exterminer, sans même se fatiguer.

« Monseigneur, j’ai grand plaisir à vous voir à nouveau. »

Avacin observa le Sith à la carrure impressionnante. Même pour un représentant de son peuple au sang pur, son interlocuteur lui évoquait les représentations du Sith'ari. L’armure rouge et noire qu’il portait semblait être une seconde peau, et ses yeux dorés sondaient son âme. L’homme était beau et rude : l’incarnation des Siths.

« Trêve de bavardages, Avacin. J’espère que la nouvelle que tu m’as transmise est vraie ! »

« Bien sûr, je n’aurais pas osé vous déplaire. »

« Oui, je sais que tu tiens à ton existence misérable. Parle. »

« Elle a été aperçue en ville : cet holodisque contient toutes les informations que j’ai rassemblé. »

D’un signe, Sebekk ordonna à son apprenti de récupérer l'objet.

« Si ces informations sont à la hauteur de mes attentes, tu sera récompensé. J’ai ces écrits que tu cherches depuis si longtemps. Mais comment as tu obtenu ces informations ? »

« Une esclave de mon cheptel : une espionne que j’ai infiltrée ici. Elle a lié amitié avec la padawan de cette Jedi. »

« Elle a une padawan, tu dis ? »

« Certes monseigneur, une nommée Asha. Une Twi'lek ratée, on dit qu’elle a été… »

Asha ! Ce nom le rendit malade. Il la haïssait à un point tel que c’en devenait douloureux. Il revoyait son sourire, même alors que sa lame tranchait les chairs, et ce regard... Plein de pitié, de gentillesse, de pardon ! Comment pouvait-elle oser lui faire ça ? Comment le pardonner ? Lui, le monstre, la créature abjecte, la somme de toute la rage et des ténèbres du conquérant impitoyable.

« Votre seigneurie.. Vous... M’étranglez.. Je …. »

Sebekk réalisa qu’il s’était levé et que ses mains entouraient le cou de son invité. Un humain normal aurait sûrement été décapité, mais ils luttait de toutes ses pitoyables forces et visiblement il était à bout, déjà. Le Sith fixa l’humain comme on fixe une chose étrange et désuète, puis il relâcha son étreinte, laissant l’homme à bout de souffle s’effondrer à genou, haletant et cherchant l’air.

« Une élève… Que disais-tu à son sujet ? »

« Elle… Elle a été refusée par le temple Jedi... Cette femme, son Maître, a bravé le conseil en la prenant comme élève »

« Je vois. Elle n'a pas changé. »

« Puis-je me retirer ? »

L'humain parlait avec difficulté, passant la main sur sa gorge douloureuse. Il y sentait encore la brûlure de l'étreinte des mains du Sith. C'était à peine s'il contrôlait ses tremblements.

« Va, tu m'as bien servi. Mais je risque de recourir sous peu à tes services. J'enverrai quelqu'un te remettre ton dû. »

Sans demander son reste, le seigneur Sith quitta le vaisseau. Jamais il n'avait vu Sebekk s'emporter ainsi, perdre le contrôle. Il était prêt à mettre en jeu d'importantes sommes d'argent et à prendre de gros risques pour trouver cette femme. La seule raison qui poussait Sebekk était ce trésor qu'il cherchait. Bien sûr ce ne devait pas être des richesses. Sûrement des secrets, des sources de puissance. La prison à âmes qu'il concevait devait servir à extorquer à la Jedi des informations à ce sujet. Il allait devoir garder l’œil ouvert et suivre les événements et, qui sait...

Durant les semaines qui suivirent, Sebekk espionna la Jedi et sa padawan, cherchant une opportunité de frapper. Il nota quelques personnes curieuses dans l'entourage de la Jedi et de la padawan : une ex-amirale dont la noirceur ne cédait en rien à la sienne, quelques personnes trop lumineuses à son goût, une Twi'lek qui ressemblait à un petit garçon, et un homme fragile dont les sentiments pour Sophia ne faisaient aucun doute.

Ses pions étaient désormais trouvés. Cette fois, rien n'allait lui échapper : il repassa chaque détail de son plan dans sa tête, envisagea chaque possibilité, anticipa les actions de tous les protagonistes...

« Hey ! Espèce de vieux débris, regarde où tu vas ! »

Il tomba au sol, heurté par un homme athlétique aux cheveux sombres, vêtu comme un de ces pilotes indépendants : belle gueule et morale douteuse.

« Je suis désolé, m'sieur ! S'cusez un pauv' vieux qu'a tout perdu... M'reste pu que la bibine pour t'nir... Un petit geste ? Mon prince ? »

Il épousseta le pilote, laissant ses compagnons pondre leurs œufs sur la peau de l'humain qui ne voyait qu'un vieil homme sale, sentant la misère et l'alcool bon marché.

« Allez, barre-toi, pauvre type. »

L'homme s'éloigna, ignorant le clochard et que son sort était déjà réglé. Sebekk goûta avec délectation à l'enclenchement de son plan : le premier coup avant le lever de rideau.

« Pauvre vieux, ta médiocrité est un délice. Tu imagines vraiment qu'elle pourrait avoir des sentiments pour toi ? Elle est prise et plus que tu ne l'imagines... De toutes façon elle t'aurait brisé le cœur, comme à moi. »

***************

Le soleil inondait la promenade ou déambulaient les badauds, au pied de la tour du Sénat qui se dressait fièrement vers le ciel. Les deux jeunes femmes devisaient tout en marchant, profitant d'un moment de répit dans leur vie mouvementée. La Twi'lek en tenue de padawan avisa un marchand de glaces itinérant et se dirigea vers lui.

« Bonjour monsieur ! »

Sa voix sonnait avec la candeur et la timidité d'une adolescente : elle était séduisante et son regard pétillait de malice et d'intelligence.

« Bonjour mesdemoiselles ! Qu'est-ce que vous désirez ? J'ai un des choix les plus variés de Coruscant ! »

Les deux jeunes Twi'leks regardèrent l'échoppe ambulante. Un étrange lémurien avec de grands yeux était juché sur le auvent. Le vendeur, un homme rondouillard au sourire chaleureux, le descendit pour le leur montrer.

« C'est Gusto ! Ce petit bonhomme m'accompagne partout où je vais ! Il sait faire bien des tours, vous savez ? »

La plus jeune des deux Twi'lek regardait l'animal. Au contraire de son amie, ses formes n'avaient pas encore trouvé leur chemin : elle était filiforme, et de dos on la prenait aisément pour un garçon. Asha, l'autre jeune femme, se pencha, visiblement conquise par le duveteux animal.

« Il est trop mignon ! »

Sebekk les regardait. Il regardait la gorge délicate de la padawan, il observait la dague, le symbole, trancher les chairs, ouvrir la gorge, le sang gicler et le visage déformé par la douleur et l’incompréhension.

« Je vais prendre chocolat maxi taille et maxi chantilly ! Et toi, Mat' ? »

Le Sith se reprit et chassa l'illusion et l'image de son désir. Ne pas céder à la rage, se contenir. Il tendit l'animal à Asha qui l'accepta avec joie, et ce fut fait : le ver glissa de la manche du glacier à celle de la padawan.

« Ben... Pareil ! »

Il servit les deux glaces et libéra une larve microscopique dans celle de la dénommée Mat', l'espion d'Avacin. Etrange : il n'aurait jamais imaginé qu'il avait un faible pour les garçons. Les jeunes femmes payèrent, laissant le glacier poursuivre sa tournée dans le parc.

Sebekk s'éloignait, souriant amusé : ses amis feraient leur office. Ils se plaçaient lentement, remplaçant un objet, un bijou. Sous peu, rien de ce qu'elles feraient, verraient ou entendraient ne lui échapperait, à mesure que les larves symbiotiques étendraient leur colonies. A la fin, elles deviendraient parasites et libérerait leur toxine dans l’hôte pour nourrir leur descendance de sa chair. Il y a bien longtemps, une victime avait mis des mois à mourir, paralysée, incapable d'agir, mais parfaitement consciente et souffrante alors que les larves la dévoraient.

Le second coup venait de retentir. La pièce serait grandiose. Une seule représentation : elle devait être parfaite.

******************

La pièce n'était éclairée que par des bougies. En son centre, Sebekk méditait. Il tendait son esprit et observait, en contact avec les larves sur ses trois pions, et orientait leur développement. La larve sur le contrebandier faisait son office, stimulant la production d'hormones et d'adrénaline : l'homme devenait de plus en plus nerveux, et de violentes migraines ne tarderaient pas à le torturer. Pour l'heure, il se réfugiait dans l'alcool sans pour autant s'en sortir. Son employeur, l'ex-amirale devenue mercenaire, en devenait folle de rage.

Laissant sa victime aux soins de la larve, il s'orienta vers Mat'aenna. La jeune femme avait infiltré les Mirage Stratégics, où elle tentait de fuir son maître. La petite garce traîtresse. En moins de 24 heures elle avait été acceptée et invitée dans le saint des saints des Mirage. Sebekk restait dubitatif et hésitait entre le fait que cette amirale était la créature la plus galactiquement stupide de l'univers ou bien que Mat'aenna était la plus douée.

La Twi'lek avait été conviée à bord de leur vaisseau, l'Apocryphe. Un appareil remarquable doté d'une technologie surprenante : Sebekk en appréciait les détails. Il allait lui falloir y jeter un œil de plus près. Il observa, enregistrant les codes, les consignes, les habitudes du bord. La padawan, invitée et touriste sur le vaisseau, fournissait elle aussi son lot d'images et d'informations. Les procédures d'accostages, les hommes d'équipages... Aautant d'informations précieuses.

Pousser l'amirale à bout allait être un véritable plaisir. Il ne l'aimait pas, rien ne lui inspirait le respect en elle. Ancienne des armées de la République, elle devenait mercenaire, et dissimulait une technologie qui pouvait faire pencher la balance dans la guerre à venir. Il fallait qu'il en parle à la prochaine réunion du Sénat : quelques personnes pourraient trouver à enquêter sur elle.

Si la République lui courait après, cela ferait un allié de moins à Sophia. Non qu'il fut intimidé par les talents lacunaires de l'humaine, mais au moins elle avait une sorte de clairvoyance. Mirage stratégics... Oui, son sens de la stratégie était un mirage à part entière. Cependant, son équipage avait quelques talents surprenants, a contrario de la brute psychopathe qui leur servait de chef.

Son usage gratuit de la violence comme première réaction et son comportement de chefaillon dictateur allait servir son plan. Le contrebandier déjà éprouvé allait craquer : il lui suffisait d'organiser une réunion d'anciens amis au bon moment, un soir, alors qu'il serait avec Sophia à la cantina proche du sénat.
Revenir en haut Aller en bas
http://ishtart.deviantart.com
Nephelë
Reflet d'Argent


Nombre de messages : 502
Age : 28
Personnage : Nephelë (PVE) Sayïa (RP)
Classe : Prêtre
Professions : Enchanteresse / Couturière
Date d'inscription : 29/09/2009

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: Re: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   Jeu 14 Juin - 17:42

Les frères T'ion'hek, trois braves Duros au tempérament querelleur et vindicatif, sortirent de leur logement dans les bas fonds de Coruscant. Suite à une rencontre avec un type appartenant aux Mirage Stratégics, ils devaient se planquer. Mais ce soir, l'heure de la vengeance avait sonné ! Ce guignol les avait balancé aux troupes de sécurité, pour du trafic d'armes ! Ben justement : il leur restait du stock invendu, autant pas gâcher !

Sur l'esplanade, Sebekk et ses apprentis observaient. Sophia venait d'arriver à la cantina, accompagnée de sa padawan. Les pions étaient tous là et la soirée avançait comme il l'espérait. Les duros venaient de se poser sur les quais. Le contrebandier était tellement sous pression, tellement plein de frustrations, que la situation ne pouvait que dégénérer.

Plongeant dans les larves, il observait sa cible : elle jouait de sagesse et de diplomatie. Il apprécia ses efforts vains : il était inéluctable que l'homme explose, et ce même si elle avait su manier Aliénor Lenrethe pour l'adoucir et l’amener à oublier son coté castratrice.

Elle avait réuni les gens autour d'une glace et d'un verre, tentant d’apaiser les esprits. Sa présence perturbait les insectes : cette harmonie qui se dégageait d'elle, son empathie qui s'exprimait... Jamais il ne l'avait ressenti que comme une souffrance, hormis dans des souvenirs étrangers. Il hésitait : il la désirait, sentait le besoin de ressentir son amour. Si elle sortait et qu'elle lui disait qu'elle l'aimait, il renoncerait : il abandonnerait la lutte, lui offrirait son empire, la couvrirait de présents et il mènerait l'univers vers l'ordre et la paix. Sa paix.

« Maître ? »

Son apprenti le plus prometteur avait senti son trouble. Il se ressaisit. Il savait ce qu'elle ressentait, il le savait : elle n'avait pas besoin de le lui dire. Elle aimait un autre, deux autres, autant de reflets d'un seul homme dont il n'était qu'une parodie grotesque et sans âme.

« Tenez-vous prêts, mais souvenez-vous ! Il me la faut vivante : elle détient le trésor le plus précieux qui soit, il est dans sa tête, dans son esprit. Morte elle ne sert à rien ! »

« Bien, Maître. »

Les deux Siths répondirent à l'unisson, s'inclinant devant leur empereur. Il portait son armure, une vielle compagne, symbole de son rang. Il la possédait depuis aussi longtemps qu'il y avait eu un Sebekk conquérant. Son armure préférée. Son sabre. Son empire. Un rire se répercuta en écho sur la place. A son extrémité, un homme l'observait. Avant même que Sebekk esquisse un geste, il avait disparu comme un fantôme, mais ces yeux, dorés... Ses yeux.

« Tu me nargues par delà la mort mon frère, mais ce soir je prends ce qui m'est dû, ce que tu n'auras jamais. »

Il égrena le code, assénant chaque phrase comme une sentence, le regard de plus en plus déterminé et fou.

« La paix est un mensonge il n'y a que la passion »

« par ma passion j’obtiens la puissance »

« par ma puissance j'obtiens le pouvoir »

« par mon pouvoir j'obtiens la victoire »

« par mes victoires mes chaînes se brisent »

« la Force me libérera »

« il n'y a pas de paix il y a la colère »

« il n'y a pas de peur il y a la puissance « 

« il n'y a pas de mort il y a l'immortalité »

« il n'y a pas de faiblesse il y a le coté obscur »

« je suis le cœur de l'obscurité »

« je ne connais pas la peur mais je l'instille à mes ennemis »

« je suis le destructeur des mondes »

« je connais le pouvoir du coté obscur »

« je suis le feu de la haine »

« tout l'univers se prosterne devant moi »

« je m'engage dans les ténèbres à qui j’appartiens et d’où je viens »

« dans la mort de la lumière »

« Sophia je suis l'ombre destinée à écraser ta lumière, notre destin est en marche. »

Irradiant de haine, il fixait la cantina, camouflant sa présence et celle de ses compagnons tout en s'entourant de cette bulle de haine, semblable à l'harmonie qui accompagnait Sophia. Semblable et opposée.

A cet instant, il propulsa sa haine au travers des larves qu’abritait le contrebandier, scellant son destin. Son esprit infiltra les parasites, communiquant sa force à la vermine. Il poussa l'homme à sortir, contrôlant désormais son corps, ressentant et percevant à sa place.

Il fixa la Jedi au travers des yeux étrangers. Elle portait une robe composée de voiles blancs, translucides, dont l’arrangement laissait deviner une silhouette élancée, aux formes exquises, sans rien révéler d'indécent ou de vulgaire. Pleine de charme et d'élégance, elle riait et se déplaçait avec une grace aérienne qu'accentuait le mouvement léger et hypnotiques des voiles.

Il imprima à l'homme une sourde colère envers l'amirale et le dirigea vers la sortie, non sans adresser un regard à Sophia, exprimant un appel au secours. Celle-ci le suivit et ils se retrouvèrent sur la place, isolés. Sebekk renforçait son lien avec la vermine dans le corps de sa victime, se nourrissant de sa souffrance et de sa détresse.

« Mel ! Attends, qu'est-ce qui te prend ? Je ne te reconnais plus. »

« Je ne la supporte plus ! Elle m'étouffe, elle veut me diriger et faire de moi son petit soldat ! Oui m'dame ! A vos ordres m'dame ! »

« Allons, je suis certaine qu'on va trouver une solution ! Asseyons-nous, parlons et on va trouver tous les deux. J'ai même amené de la glace, tu en penses quoi ? »

Elle souriait avec cette sincérité implacable, le submergeant par la douceur de son regard, la gentillesse qu'elle exprimait et cet optimisme incroyable qu'elle dégageait. Il hurlait : tout son être la désirait. Il la saisit et plaqua ses lèvres sur les siennes, volant un baiser à la Jedi. Surprise, elle lâcha les pots de glace. Elle ne le gifla pas, mais ne répondit pas au baiser. Elle recula doucement, la main sur le bras de l'homme.

« Mel... Je suis navrée, je pensais avoir été claire... Je ne partage pas tes sentiments. C'est flatteur, mais ne recommence pas je te prie. »

Sa main se posa sur sa joue, douce et fraîche. Elle ne lui en voulait pas. Ce regard, le même qu'Asha... La colère, la haine, le submergeaient. Il sentit son contrôle se fissurer et se reprit. Il repoussa la Jedi et s'éloigna. Avant qu'elle ne puisse agir, les Duros étaient sortis et ouvraient le feu sur l'homme.

« Les trois coups ont été donnés. Le rideau se lève : attention mesdames et messieurs, ça va commencer. »

Elle réagit exactement comme il l'avait envisagé, tentant de retenir l'esprit de l'homme, insufflant sa force vitale en lui. Dans le même temps, elle tendit le bras vers le speeder qui tentait de fuir avec à son bord les assaillants. Le choc fut violent : l’appareil rugit et la carrosserie grinça sous la Force qui le maintenait, écrasant les tuyères pour immobiliser l'engin.

Sebekk fit signe à son plus jeune apprenti d'attaquer : le Sith bondit et porta un coup dans le dos de la jeune femme, la projetant à plusieurs mètres. Il l'observait : sa prise sur le speeder n'avait faibli qu'un court instant. Elle gardait l'homme contre elle, le protégeant de son corps alors qu'elle heurtait le sol.

Le plan s'enclenchait à merveille, cependant son esprit gardait toute sa puissance. Il devait l'épuiser elle garderait ses forces encore trop longtemps. Elle tenterait tôt ou tard de prévenir son élève et cela il ne pouvait le permettre : son plan exigeait qu'elle soit épuisée et qu'il puisse agir sans être dérangé. Tout ce spectacle était pour elle, pour épuiser ses sens, et elle était au centre de son théâtre de la douleur.

Il déversa sa noirceur, déchirant la Force autour d'elle, l'isolant irrémédiablement de sa padawan. Pour la jeune femme, ce fut comme si on la noyait dans quelque chose de mort et huileux.

D'un geste, il envoya son second apprenti vers le speeder. Il lui fallait plus de morts, plus de douleur à faire ressentir à Sophia. Il fallait la pousser à bout, éprouver ses défenses. Sebekk vit l’apprenti arriver sur le capot du speeder, il perçut la terreur des Duros. Celui-ci, comme à son habitude, joua avec eux pour les terrifier, humant chaque bouffée de leur peur.

« Messieurs, vous ne regardez pas dans la bonne direction. »

Le jeune Sith fixait le chauffeur en souriant avant de les exécuter en déversant des éclairs de Force dans l'habitacle, carbonisant les chairs. Le speeder fit une embardée et ses moteurs le propulsèrent vers les hauteurs. D'un mouvement félin, l'apprenti sauta à terre et atterri délicatement, attendant les ordres de son maître.

Le choc avait visiblement ébranlé la jeune femme. La mort des trois hommes l'avait frappée de plein fouet, et l'aura d'obscurité qui l'enveloppait renforçait ces sensations de mort et de douleur. Et pourtant elle ne renonçait pas, continuant à esquiver les attaques de son adversaire. Posant enfin l'homme au sol, elle fit face au Sith qui attaqua, sûr de lui : d'abord un mouvement de sabre visant à l'obliger à casser sa garde suivi d'un coup rapide de la seconde lame, droit sur son ventre.

Sebekk, le souffle coupé, n'en croyait pas ses yeux : elle avait bloqué la lame d'énergie avec sa paume, et dans la foulée avait porté un coup sec mais d'une telle violence qu'elle avait projeté le Sith en l'air, le laissant retomber brutalement sur le sol. Ne laissant aucun répit à son adversaire, la Jedi fit un bond qui la projeta vers le Sith étalé sur le dos : avec l'élégance d'une danseuse, elle exécuta un salto et termina son vol sur l'abdomen de l'apprenti, l'enfonçant dans le sol et endommageant gravement ses organes internes.

Le maître sourit et ordonna à son apprenti restant de prendre le relai. Le bruit des deux sabres s'allumant alerta Sophia, et il la vit faire volte-face et défier le Sith du regard. Sa robe déchirée et ses cheveux flottants au vent lui donnaient un air sauvage et indomptable. Les deux belligérants s'observaient et l'apprenti brisa le silence.

« Rends-toi, Sophia : ta résistance est louable mais futile. »

« Je ne suis pas une femme facile. »

«  Mon maître te veut en vie, il n'a pas dit intacte. Soumets-toi et je ne te ferai aucun mal. »

« Qui est ton maître ? »

« Tu le verras bien assez tôt. Il est temps. »

« On pourrait faire vite ? Avec tout ça, je dois faire un peu de shopping et aller chez le coiffeur ! »

L'homme lança l'assaut de façon classique et parfaite : il enchaînait les attaques, tournoyant dans une véritable tempête. Il était rapide et précis : à plusieurs reprises, les sabres entaillèrent la peau délicate de Sophia.

Tu reconnais ces passes, n'est-ce pas ? Tu sais qui les a conçues. Je sens le trouble en toi : tu les reconnais mais tu ne te souviens pas pourquoi ni comment. Sebekk jubilait : son lien se renforçant, il percevait ses moindres pensées : la discipline et la finesse de son esprit, sa volonté farouche... Il frissonnait de plaisir à l'idée de la briser et de la posséder. Certes, elle ne l'aimerait jamais. Mais si lui ne l'avait pas, elle ne serait à personne d'autre.

Elle faiblissait : maintenir en vie le contrebandier l'épuisait. Il voyait ses gestes se faire moins assurés : le combat avait trop duré, ses sens était surchargés. Il sentait enfin la voie vers son esprit s'ouvrir. Il sortit l'holocron de son étui et entama la procédure qui arracherait son esprit à sophia et le garderait, cette fois-ci, à jamais prisonnier.

« Difficile de tenir cet homme en vie et de vous concentrer sur le combat. Vous faiblissez, l'issue est inéluctable. »

« Au risque de vous décevoir, je crains que vous ne soyez dans l'erreur. »

Dans l'esprit de la Jedi une voix se fit entendre : un souvenir. Elle retrouvait la mémoire, sûrement à cause de la violence du combat, elle puisait dans ses ressources.

« Sois plus maline que lui : observe ses gestes, conforte son assurance, mène le à la perte par la ruse. »

Le Sith continuait d’asséner ses coups, jouant avec elle, sûr de lui, comme un chat qui joue avec une souris. Enfin il la blessa et elle tomba à genoux, visiblement vaincue.

Elle était au sol ! Il frémit, à la fois furieux et terrifié : une part de lui le poussait à vouloir écharper son apprenti pour l'avoir blessée. Il accepta ce sentiment, sa rage, et s'en nourrit : il brisa l'esprit de l'humain infecté et entra dans celui de la Jedi.

L'apprenti s’apprêtait à asséner un coup de sabre en direction de Sophia : il visait son bras. Le sabre décrivit un arc parfait lorsque au dernier moment la jeune femme se détendit comme un serpent, frappant sous l'épaule du Sith avec une rare violence, atteignant un défaut de l'armure et disloquant l'articulation.

L’incompréhension se lisait dans le regard du Sith : son sabre s'était juste éteint, laissant le coup passer. Comment cette femme si frêle pouvait-elle frapper si fort ? Elle enchaîna par un coup de la paume en plein dans le menton, le projetant en arrière. Il heurta le sol avec une rare violence, mais la rage le consumait : il se laissa rouler en arrière et se rétablit aussitôt, ignorant la douleur, fruit de longues années de souffrance pour devenir un vrai Sith.

« Rends-toi et dis-moi qui est ton maître et ce qu'il me veut ! »

« Je sers Sebekk et il te veut toi ! Le reste ne compte pas : il ordonne, l'Empire obéit. Il cherche son trésor. »

Il se rua sur elle, un bras pendant mollement tandis que l'autre tenait fermement son sabre. Elle esquiva l'attaque d'un pas de côté gracieux, il virevolta pour tenter de la frapper de flanc. Elle tendit la main pour le repousser mais il ne tomba pas, revenant au contraire à la charge. Elle restait immobile : il frappa, un coup superbe. Malheureusement, son second sabre s'était dressé en l'air et s'était allumé en sectionnant son poignet. Joignant les deux paumes elle l'accueillit brutalement, lui brisant le plexus.

Les deux apprentis au sol, elle soupira. Il savait que le moment était venu. Ses outils avaient fait leur œuvre : le plan se déroulait à merveille. Émergeant de l'ombre, il lui apparu sans fard, dans toute sa hideuse caricature. Il se savait laid, difforme. Une mauvaise copie.

« Cela fait si longtemps que je te cherche, que l'on joue à ce jeu, ma sophia. Ce soir je vais y mettre un terme : les siècles passent mais je ressens toujours ce sentiment abject, cet amour qui n'est qu'une parodie, comme tu le sais.  »

« Qui êtes-vous ? »

Décontenancé et furieux, il la fixa d'un air mauvais :

« Je suis Sebekk ! Je suis ton fléau ! J'ai pris ta famille, tes amis, ta fille... »

« Vous êtes dingue ! Je connais aucun Sebekk ! J'ai jamais eu de fille ! Arrêtez vos tirades absurdes, vous vous trompez de Sophia. »

Il laissa échapper un rire dérangeant. A mesure qu'il s'approchait, elle le vit : laid, difforme, le corps noueux et puissant. Une parodie d'être humain, comme le négatif d'un être particulièrement unique et splendide. La façon qu'il avait de la regarder la glaça et la révulsa : d'un geste, elle rajusta sa robe, tentant de dissimuler ses formes.

« Je ne sais pas qui vous êtes, mais vous avez échoué. Les Jedis fourmillent par ici, et ils ne vont pas tarder. »

« Oh mais, ma belle, tu es à ma merci et j'ai déjà gagné. »

D'un geste, il posa l'holocron qui s'activa. Elle dressa immédiatement ses défenses mentales prodigieuses, mais celles-ci ne lui furent d'aucun secours : il pénétra son esprit avec la puissance d'un ouragan, balayant sa raison, s'insinuant dans les recoins de son âme.

Son contact mental était si bestial et douloureux qu'elle chavira : il avait affaibli sa résistance mais il n'avait pas gagné : il lui suffisait de temporiser jusqu'à ce que les fracas du combat n'alerte quelqu'un. Malheureusement, il avait prévu cela : d'un geste, il broya les corps sans défense de ses apprentis, amplifiant leur souffrance pour chavirer les sens de la Jedi.

Son empathie lui fit ressentir leur souffrances sans aucun moyen de s'en protéger, et il anéantit ses dernières défenses. Elle se sentit sale, souillée par son esprit se vautrant sur le sien. Il fouillait ses recoins les plus intimes, violait chaque pensée, chaque souvenir. Son esprit était envahi par cet être abject dont le contact lui faisait horreur. Elle sentit cette chose la saisir physiquement et lui aracher un baiser : il bavait et sentait la mort. Ses mains rêches lui blessaient la peau.

« Tu es à moi ! Toute à moi… »

Il activa une nouvelle fois l'holocron et elle sentit la machine déchirer son âme et l'attirer dans un abîme sans fin. La chose continuait d'abuser de son esprit : elle vit Asha, elle sut qu'il comptait la tuer. Elle vit Asha, si petite et fragile, si brave.

Sebekk recula soudainement : Sophia s'était arraché à l'emprise de la prison au prix d'une souffrance indescriptible, son âme brisée et lacérée. Néanmoins, elle trouva la force de lancer un ultime assaut : L'holocron mu par la volonté de la Jedi s'écrasa dans le dos de Sebekk et, s'enfonçant profondément, lui arracha un rugissement de douleur. Il répliqua avec toute sa rage, brutalisant son corps et son esprit, frappant aveuglément et la laissant nue et brisée. Elle se sentit sale, lasse : elle voulait juste s'allonger et mourir.

Le Sith monstrueux repéra l'arrivée de renforts : au prix d'un effort immense il reprit le contrôle et sauta à bord de son speeder. Ce n'était que partie remise : elle était brisée, il la retrouverait. Il la retrouvait toujours.
Revenir en haut Aller en bas
http://ishtart.deviantart.com
Nephelë
Reflet d'Argent


Nombre de messages : 502
Age : 28
Personnage : Nephelë (PVE) Sayïa (RP)
Classe : Prêtre
Professions : Enchanteresse / Couturière
Date d'inscription : 29/09/2009

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: Re: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   Jeu 21 Juin - 8:25

Avacin se hâta d’aller à la rencontre de Sebekk : le ton de son message indiquait une urgence importante, certainement liée aux événements remontés par son espionne. La nouvelle avait fait du bruit : deux Siths morts, un autre en fuite en plein cœur de Coruscant... Il envisageait de quitter la planète au plus vite, ses chances d’être repéré augmentant à vue d’heure.

Il monta à bord du vaisseau. Ce Sebekk n’avait pas froid aux yeux : tout Coruscant le cherchait et il restait au spatioport. Un droïde l’escorta vers son hôte : les deux apprentis avaient donc bien été tués. Cette Sophia n’était peut être pas si fragile et évaporée que ce que son espionne lui avait dit. Mat’aenna allait avoir des comptes à lui rendre sous peu.

Sebekk l’observa alors qu’il entrait, assis sur son siège. Silencieux, imperturbable. Dans son dos, sous sa cape, quelque chose grouillait à l’endroit ou l’homme avait été blessé : l’alchimie la plus noire œuvrait pour réparer les dégâts.

« Votre Seigneurie, j’ai fais au plus vite ! »

Sans aucun signe avant coureur, le Sith frappa : un coup violent du revers de la main. Avacin se demanda comment et quand il avait traversé la pièce, et la douleur du choc le ramena à la réalité. Sa mâchoire le faisait horriblement souffrir : il avait heurté avec une violence inouïe le mur et son épaule avait l’air luxée.

Son adversaire repartait déjà à l’assaut. Par réflexe, Avacin projeta une vague de Force. Elle n’eut aucun effet : il passait au travers comme si ce n’était qu’une brise. Il laissa échapper un cri quand Sebekk le saisit par les cheveux, le soulevant d’une main pour le projeter au plafond.

A moitié inconscient, le goût du sang dans la bouche, il tenta de se relever : ce salopard ne disait rien, il le frappait avec une rare violence, sans même se fatiguer. D’un geste rapide il sortit son sabre. Ses chances étaient ridicules : il était déjà à bout et le combat débutait à peine, mais ils ne se laisserait pas tuer comme ça.

Il tenta diverses passes, son sabre luisant dans la pénombre. Son adversaire ne prit même pas la peine de sortir le sien se contentant d’esquiver les coups, son visage exprimant une sorte de sauvagerie, teintée de lassitude. Les yeux dorés le fixaient comme s’il était une proie à peine digne d’intérêt.

Avacin n’avait jamais vraiment pratiqué le sabre. Il évitait les combats, étant plus du genre à manipuler. Mais dans ce cas précis, cela ne l’aiderait pas. Epuisé, acculé, il avait reçu régulièrement des coups : les côtes, l’épaule blessée, le ventre, et plus vexant : des gifles. Sebekk jouait avec lui, cherchant à l’humilier, à lui montrer à quel point il lui était supérieur : cette petite traînée de Mat’aenna avait dû lui parler, lui dire qu'il avait voulu le trahir.

Dans un dernier sursaut, il tenta le tout pour le tout, se concentrant pour projeter une nuée d’éclairs de Force. Le majestueux Sith rugit comme un animal furieux, accusant le coup des éclairs le frappant de toute la Force dont il était capable. Au dernier instant il fit cesser le déluge de foudre pour tenter une feinte, profitant que son ennemi déstabilisé par son élan et sa masse, avançât soudainement.

Le coup avait porté : la cape déchirée dévoila une masse de vermine. Des vers, des blattes, et d’autres créatures indéfinissables mais objectivement insectoïdes, pullulaient là ou le Sith avait été blessé. Ces choses réparaient le hideux substitut de chair infestée d’œufs qui composait le corps de son ennemi.

Fasciné autant qu’écœuré par l’alchimie sombre qu’il observait, il ne réalisa pas que Sebekk avait prestement récupéré son équilibre et que déjà il se retournait, le clouant au sol sous une décharge prolongée et calculée de foudre.

« Croyais-tu que ta petite et sordide manœuvre m’aurait échappée ? Tu n’es rien ! Une loque ! Un déchet ! Cela je peux le pardonner, mais que tu aies l’audace de chercher à me trahir… »

Sebekk observait sa proie gémissante, humiliée, attendant une réponse, quelques mots tout du moins. Il s’apprêtait à l’achever lorsque sa victime se mit à rire.

« Je suis un Sith ! Tu connais ma réputation ! Comment être surpris ? Oui, je comptais te trahir, te voler ce trésor. Me tuer ne te servirait pas, je sais où est Sophia. Mat’aenna m’a révélé ou ils l’avaient mise. »

« Je sais cela aussi, misérable. Vas-tu supplier pour ta vie pathétique ? »

Sebekk s’était penché, rapproché de l’homme qui gémissait au sol, il le fixait de ses yeux de fauve.

« Non. Je n'ai pas l’étoffe d’un grand Sith, je l’ai toujours su. Mais je ne mourrai pas en suppliant ! Je reste un seigneur Sith ! »

Interloqué, Sebekk continuait à le fixer.

« J’ai bien compris que je ne faisais pas le poids, que cette garce m’a trahi ! je ne te demande pas de m’épargner mais de surseoir à mon exécution. »

« Pourquoi ferais-je ça ? »

« Je ne sais pas ce que tu es mais je sais que tu n’es pas d’ici : même moi je sens que tu uses de la Force d’une façon qui m’échappe ! Je veux te servir. Je préfère être le serviteur d’un Empereur qu’un cadavre. Mon réseau est vaste, et surtout : je veux la peau de cette petite ingrate d’espionne. »

« Tu l’aimes, n’est ce pas ? Sa trahison te torture. »

Furieux, Avacin réalisa pourquoi la haine de Sebekk pour Sophia lui était si familière.

« Tu parles en connaisseur. Elle t’a rejeté et tu veux la voir mourir. Mais tu n’y parviens pas. »

Surpris, Sebekk contempla le Sith à ses pieds. Une compassion étrange naquit en lui : la fierté face à la mort, la souffrance de n’être qu’un faux.

« Bien. Tu vas accompagner mes troupes pour capturer Sophia sur Manaan. Ton espionne mourra de ma main, tu seras vengé. Si tu me sers bien, tu seras récompensé. »
Revenir en haut Aller en bas
http://ishtart.deviantart.com
Alyssande
Poussière d'Etoile
avatar

Nombre de messages : 1793
Age : 42
Personnage : Alyssande
Classe : Esper
Professions : couturier
Date d'inscription : 19/10/2006

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: Re: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   Mar 26 Juin - 16:56

Le capitaine Neemak entra : il portait un uniforme noir, strict, à col droit, et ses bottes en cuir noir claquaient sur le sol. La seule trace de couleur se résumait à ses grades épinglés sur le col et quelques décorations qui ornaient sa poitrine. Sa tenue était impeccable. Lui-même était un Sith au sang pur. Sebekk était à nouveau assis, dissimulant sa plaie au regard de ses hommes.

« Portez cet homme à la salle de soin, qu’il soit remis sur pied : il part avec vous sur Manaan. »

« Bien, mon seigneur. »

Le soldat jeta un regard à l’humain à peine conscient sur le sol : il ressentait en général du mépris pour les soi-disant seigneurs Siths de ce coté de la galaxie, mais il admit que survivre à la colère de l’Empereur marquait un point en sa faveur.

« Assurez-vous qu’il combatte à vos côtés. Je veux Sophia en vie ! »

« Bien, votre Excellence. »

« Ne prenez pas ses hommes à la légère : ils seront fidèles, vaillants et bien entraînés. Elle a choisi une personne de haute qualité pour les diriger : il ne céderont pas et se battront avec courage et honneur. Traitez-les en conséquence. »

« Je n’y manquerai pas. »

Le capitaine appréciait les adversaires dignes de lui : ce serait un beau combat.

« Votre vaisseau est prêt, on le sort présentement de la soute. »

Sebekk avait, par le biais de ses larves infectant Mat’aenna et Asha, espionné les communications de ses ennemis : l’amiral Foldingue avait décidé d’une réunion au sommet sur l’Apocryphe. Elle avait prévu une navette au spatioport, ce qui indiquait, étant donné le faible rayon d’action de celle-ci, que le vaisseau était camouflé à proximité.

Mat’aenna avait tout balancé sur Sophia à Avacin : elle avait vendu sa position, ses compagnons, et désormais, elle le guiderait vers l’un des vaisseaux les plus évolués technologiquement de ce coin de l’univers.

Avant de partir, Sebekk ordonna au droïde de récupérer le sang laissé par Avacin et de le déposer dans le laboratoire sommaire, mais efficace, à bord de son transporteur. Il se saisit d’une sorte de sauterelle assez rare et agressive et, usant de la force et de composés alchimiques, il mit en contact le sang et la créature : d’ici peu il y aurait un second Avacin, sensible à la force, infiniment moins puissant, mais un double très utile.


****************


Il attendait dans le cockpit depuis une heure environ lorsque la navette d’Aliénor décolla : sure d’elle, elle s’engagea dans la circulation confuse et dense de Coruscant. Sans perdre de temps, il la suivit, profitant du trafic pour passer inaperçu, masquant sa présence dans la Force aux Jedis qui étaient à bord.

Rapidement, ils atteignirent l’espace au-delà de l’atmosphère de la planète. Le contrôle spatial confondit Sebekk avec l’écho de la navette d’Aliénor. En effet, profitant des perturbations ionique et thermiques dues au franchissement de la troposphère, il s’était collé à la navette. Son appareil monoplace était désormais comme invisible, car hors de vue, et sa signature se perdit dans celle de la navette.

La manœuvre demandait un talent de pilote hors du commun, une audace certaine, et une discipline de fer, ce qui tombait bien car Sebekk possédait toutes ces qualités. Pour tout dire, il s’amusait même beaucoup : les sensations de ce genre le faisaient se sentir vrai, même si ses talents venaient de son frère.

Enfin, l’Apocryphe apparut, sa silhouette émergeant de nulle part : un navire élégant et impressionnant, qui aurait pu être un bon vaisseau si son concepteur n’avait été si peu au fait des choses de la guerre. Mal conçu ou plutôt conçu sans réflexion en rapport avec son but, seule sa technologie intéressait Sebekk : le vaisseau n’était qu’une cible de plus.

Alors qu’Aliénor s’engageait dans les soutes, il s’éloigna en douceur, naviguant avec les fusées de manœuvre, l’électronique de bord quasi éteinte. La noirceur de l’amirale suffisait à masquer sa légère empreinte sur la Force à ses compagnons Jedis. Finalement, il se colla à la coque du « pas-si-secret » atout des Mirage Stratégics.

Il se glissa hors du cockpit, revêtu d’une armure pressurisée, et ouvrit un sabord. Les codes de l’amirale lui permirent d’entrer et de camoufler sa présence. Il entra et se connecta à une console, la mettant en contact avec un programme autonome à bord de son appareil. Il ne lui restait qu’à attendre qu’on lui ouvre les portes.

Il restait en communication avec ses insectes, espionnant la réunion, appréciant leurs pathétiques efforts pour le piéger. Il ne put retenir un rire lorsque « L’amirale » Foldingue envisagea de le piéger avec Mat’aenna. Plus exactement, elle pensait qu’Avacin pourrait l’amener à se rendre sur Nar Shaddaa, droit dans un piège qu’un enfant aurait vu à des parsecs.

Cette folle était prête à condamner ses hommes dans un plan stupide : même sans sa puissance, sa troupe eut été balayée par Avacin. Elle leur donnait le temps de se préparer, de masser des hommes et des ressources… A aucun moment elle n’écouta ses hommes et leurs recommandations pourtant pleines de bon sens. Ne comprenait-elle pas que la Twi'lek au cerveau limité était complètement grillée ?

Il se ressaisit lorsque la Padawan repéra les larves, un pic de paranoïa inspiré. Il communiqua à son vaisseau la seconde partie du plan : envoyer des dessins animés cryptés dans le flux électronique du vaisseau devrait les occuper et se faire repérer juste ce qu’il faut.

Aliénor ne réagissait pas aux allusions d’Asha, c’était d’un comique... Elle, amirale ? Si seulement ses adversaires étaient aussi bête à chaque fois, il n’aurait pas besoin d’armée. Le Jedi, Berryl, enclencha en revanche une onde de force très chargée en lumière : elle tua net les larves qui commençaient à relâcher leur toxine. Cela prendrait plus de temps, mais cela causerait tout de même une mort assez douloureuse.

Aliénor et son ingénieur, comme il s’y attendait, entrèrent dans le système pour vérifier l’étendue du piratage, fournissant par la même les codes d’accès lui permettant d’accéder aux donnes vitales du vaisseau. Sans perdre de temps, il récupéra les schémas techniques et les données de navigation.

« Bien, je suis donc repéré : que vas-tu faire, la foldingue ? »

L’humaine ordonna un saut court au milieu de nulle part et enclencha le système de défense du vaisseau, déversant des flux de plasma mortels autour de son appareil. Inutile et amusant. Sebekk décida de lui montrer la supériorité de la Force sur la technologie, ce dont elle doutait visiblement. Récupérant les journaux de bord ainsi que les données techniques du vaisseau, il remonta à bord du monoplace qui l’attendait toujours sur la coque, à l’abri.

L’effort du Jedi l’avait suffisamment affaibli : il entra dans sa tête, laissant pour plus tard une entrée de secours.

« Une diversion, un petit peu de discorde et pousser à bout la folle, ça n’a pas de prix »

Un sourire sadique au visage, il se décrocha, dérivant tous systèmes éteints. Dans la foulée, il ordonna à Berryl de se rendre sur le pont, en lui ayant laissé suffisamment de conscience pour voir et entendre sans pouvoir réagir : il percevait la peur du Jedi, son incompréhension, sa frustration.

Ayant de nouveau un visuel, il constata qu’Asha tentait d’avertir à nouveau que quelque chose clochait, sans écho de la majorette amirale qui semblait se disputer avec ses hommes, les humiliant ou les ignorant. Au milieu de ce spectacle grotesque, Berryl avait quitté la pièce et disposait d’une confortable avance. Enfin, ils réagirent, fermant les portes coupe feu. Mais c’est dingue ce qu’un sabre laser fait à ces soit disant portes blindées.

L’amirale inonda le couloir. Etrange : une fan de la technologie pensait vraiment court-circuiter le sabre ? La vapeur brûlerai son ami, mais la Force lui permettrait de résister et d’amortir. C’est donc sans véritable obstacle que le Jedi atteignit les commandes d’astronavigation, et qu'il by-passa les sécurité par la Force, enclenchant sans calcul l’hyper drive.

Les sécurités de l’appareil le sortiraient de là en coupant les moteurs, ou pas. Avec de la chance ils ne percuteraient rien. Sebekk s’amusait comme un enfant : il alluma ses moteurs et lança une communication à ses hommes pour être récupéré.

A bord, ses dernières instructions en cas de survie s’exécutaient : Berryl frappait ou tentait de frapper Mat’aenna, devenant suspect à sa malade de chef, Mat’aenna se retrouvait isolée, tout le monde lui accorderait une importance qu’elle n’avait pas et la discorde régnerait.

Une bonne journée ! Il compulsa les données, après tout il avait un peu de temps devant lui, et ses hommes se rendaient sur Manaan pour se saisir de sophia. Trop facile, mais pourquoi s’en plaindre.


_________________
Il n'y a pas de pire crime que de bruler les livres, hormis ne pas les lire
Revenir en haut Aller en bas
http://raid-argent.virtuaboard.com
Nephelë
Reflet d'Argent


Nombre de messages : 502
Age : 28
Personnage : Nephelë (PVE) Sayïa (RP)
Classe : Prêtre
Professions : Enchanteresse / Couturière
Date d'inscription : 29/09/2009

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: Re: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   Ven 29 Juin - 14:36

Le pilote du vaisseau de tête menant le petit groupe de cinq appareils se cramponnait au manche : son engin menaçait de se cabrer et protestait bruyamment du traitement qu’il lui infligeait.

L’escadrille avait réalisé un bond qui ne permettait aucune erreur : ils n’en étaient pas à leur coup d’essai. Ils étaient sortis de l’hyperespace au-delà de la limite de sécurité, bien trop près de la planète selon Avacin. La manœuvre devait leurrer les systèmes de repérage au sol ou en orbite et, au pire, le temps d’acquisition ne leur permettrait pas de réagir assez vite pour opposer un tir nourri pendant la phase finale d’approche.

Un choc violent secoua l’équipage : le pilote avait heurté l’atmosphère. Déjà les flammes dues au frottement entouraient le vaisseau, illuminant l’habitacle. La chaleur montait à en devenir étouffante. Corrigeant son cap sans même regarder les instruments, le pilote plongea vers l’île qui abritait la Garde d’Agent.

Il rasait la surface de l’océan à moins d’un mètre de hauteur, et ses équipiers, en formation serrée, manœuvraient avec la même adresse, filant droit sur leur destination. Bientôt le relief d’une terre émergée se dessina : dans leur dos, le soleil levant donnait l’impression que les eaux infinies de Manaan étaient d’or liquide.

« Capitaine ! Destination en vue, l'ordinateur de bord confirme. »

L'affichage tête haute superposait les données sur le relief de l'île avec la silhouette à l’horizon : des icônes de diverses couleurs en forme de triangle tournant sur eux-même apparurent, indiquant les trois points d’atterrissage des navettes. Sur les cinq vaisseaux de débarquement, deux d'entre eux resteraient derrière, en réserve.

« Parfait lieutenant ! Envoyez le signal lumineux »

Sur les ailerons du vaisseau, des feux de position clignotèrent : l'escadre opéra une manœuvre d'éclatement. Deux appareils restèrent sur place tandis que les autres filaient vers leur cible à grande vitesse. Observant les données qui défilaient sur la verrière, le pilote ajusta sa vitesse et son cap. La coordination était parfaite entre les trois vaisseaux.

Dans la barge de débarquement, Avacin observait les soldats, tiraillé par la curiosité. Une fois soigné, il avait quitté Coruscant pour rejoindre ces hommes à bord de ce qui ne pouvait être qu'un croiseur. A aucun moment il n'avait pu l'explorer ou le voir de l'extérieur, mais sa conception, le peu qu'il en avait vu, avait un aspect ancien, bien que fonctionnel.

De la même manière, ces hommes - leurs armures et leurs équipements - bien que d'un aspect antique et résolument Sith, étaient dotés d'une technologie très moderne, voire plus, et leur matériel était comme neuf.

La lumière passa au rouge, signal que la navette était sur le point d'arriver. Il s’apprêtait à reprendre son examen lorsque, frappé de stupeur, il assista à la scène la plus étrange depuis le début de ce voyage : les hommes s'étaient placés dans une sorte de posture de recueillement, l'air grave et solennel. Très vite un chant s'éleva qui résonna dans l'habitacle, un chant sobre, qui vous prenait aux tripes.

Ces soldats dont aucun n'avait dit un mot depuis leur embarquement chantaient ! Non, ils ne chantaient pas : il priaient. Un nom revenait, le seul mot qu'il put comprendre car aucun ne parlait le basique. Ils priaient leur dieu, leur empereur. Sebekk, le Seigneur de Jais, le Dévoreur de Mondes.

La lumière passa au vert alors qu'ils égrenaient les dernières notes dans les basses, leurs voix profondes teintées de respect, et leur regard rempli de fierté et de loyauté. L'éclairage leur donnait une teinte macabre alors qu'il revêtaient leur casques, et leur visage ferme et résolu était terrifiant.

Le pilote avait enclenché l'ouverture du sas : les soldats se levèrent dans le calme, et alors que la barge survolait encore la plage, ils sautèrent dans le sable, se déployant avec rapidité et efficacité. Entraîné dans le mouvement, le Sith se réceptionna tant bien que mal sur le sol sablonneux, aveuglé par le nuage que soulevaient les réacteurs de la navette qui se posait quelques mètres plus loin.

Déjà, le capitaine Neemak donnait ses ordres sans un mot, juste par des gestes, précis et nets. Ses hommes répondirent sans perdre un instant et comme une mécanique bien huilée la troupe se dirigea vers le couvert des arbres en direction des habitations. Progressant deux par deux en se couvrant, ils avançaient. Dans le lointain, des explosions provenant des quais et du petit spatioport qui abritait l'antenne de communication indiquaient que les hostilités avait commencé.

Les bâtiments élégants s'intégraient harmonieusement dans le paysage : des murs blancs, une architecture à la simplicité qui confinait à l'élégance. Profitant de la diversion, Neemak poussait ses hommes, dirigeant son escouade vers l'hôpital où, d'après ses informations, Sophia était gardée.

Quelques droïdes de garde s'agitèrent vainement : les armes des deux binômes de tête les neutralisèrent en silence. Ils n'avaient pas été repérés. Le capitaine marqua une courte pause aux abords de la structure en arcade sur deux étages : observant les alentours, il ordonna aux deux groupes d'éclaireurs de neutraliser les quelques drones de sécurité qui montaient la garde.

« Il semblerait que votre twi'lek nous ait fournit de bonnes informations... »

D'un geste bref, il ordonna aux autres membres de l'escouade d'investir l’hôpital. Avacin leur emboîta le pas, écoutant les rapports des deux autres unités d'assaut. Ils avaient pris possession de la tour de contrôle et du port, mais n'avaient rencontré qu'une faible résistance qui s'était repliée.

« Quelque chose cloche, capitaine... »

Neemak se tourna vers le Sith, qui sentit son regard, même derrière sa visière.

« Comment ça ? »

Surpris, Avacin le dévisagea : il aurait cru que vu la situation le soldat ne prendrait pas en compte sa remarque.
« Je ne suis pas un combattant, mais je suis un expert en coups fourrés et pièges, et ça sent le piège. Sophia est une Jedi puissante : il devrait y avoir plus de gardes ! »

« Votre source est-elle fiable ? »

« Mat' ? Cette vipère ? Bien sur que non : elle triche et trompe en permanence... »

« Quelles sont les probabilités qu'elle vous ait menti ? »

« Sur ce point, aucune. Cependant... »

« Vous flairez un piège. »

« Oui. »

Il leva le poing, indiquant aux autre de s’arrêter, balaya la zone du regard et fit plusieurs signes. Deux hommes se retranchèrent dans les fourrés et installèrent une mitrailleuse, quatre autres se placèrent sur les toits alentours, grimpant sans un bruit et surveillant la zone, deux déployèrent un mortier portable et deux autres se positionnèrent avec un fusil de précision.

« Nous allons entrer et chercher Sophia ! Nous savons qu'elle est venue ici : si c'est un piège, mes hommes contiendront la menace le temps qu'on évacue le colis, clair ? »

« Très clair. »

« Son Excellence a ordonné et nous obéirons, quel qu'en soit le prix. Nous ne craignons pas de mourir car nous lui avons offert nos vies : la peur de mourir mène à l'échec et ruine l'honneur, nous n'avons pas peur de cette éventualité »

Le personnel soignant, rare à cette heure, fuyait, terrifié par l’arrivée de la troupe. Comme leur avait indiqué l’espionne d’Avacin et de ce qu’en disait les informations qu’ils avaient obtenues, la Garde d’Argent n’était qu’un regroupement de secouristes et de guérisseurs.

Autant dire que l’opposition était inexistante. Les soldats laissèrent filer les civils et les non combattants : leur mission consistait uniquement à capturer Sophia et à la ramener à leur maître. Moins de vingt minutes s’étaient écoulées et ils avaient atteint la porte de sa chambre.

Le capitaine ouvrit la porte et entra : dans un lit, une silhouette allongée était sous perfusion : il marcha droit sur elle. Avacin restait aux aguets : il tentait de percevoir la Jedi depuis leur arrivée, sans succès, et cela l’inquiétait.


****************


Arahikemi, debout dans la salle de contrôle, avait observé l’arrivée des navettes. Elle portait son armure, même si pour tout dire ses hommes supposaient qu’elle n’avait pas d’autre tenue. Solide Mirialan, elle arborait des tatouages sur le visage : des damiers en losanges sur chaque joue. Une coupe courte et pratique, qui pour autant ne l’enlaidissait pas, ainsi qu'un regard dur et une mine sévère concluaient le portrait de la capitaine en qui ses hommes avaient une absolue confiance.

En temps normal, les opérateurs de la tour de contrôle les auraient raté, mais elle savait que l’ennemi allait frapper. Leur déploiement était impeccable et elle restait épatée : son adversaire avait du personnel compétent.

« Combien ? »

« Trois vaisseaux, peut-être plus : difficile à dire. »

« Comment ça ? »

« Ils volent en formation serrée, capitaine. Nous n’avons pu les décompter que quand ils se sont séparés. A ce moment, j’ai eu l’impression d’un écho résiduel, comme si des appareils étaient restés en retrait. D’un autre coté ce n’est peut-être qu’une traînée due à leur basse altitude : les radars sous marins ne sont pas aussi précis que les autres. »

« Alors considérons qu’ils ont une réserve : c’est ce que je ferais à leur place. Gardez l’œil sur la zone. »

Elle ajusta son casque et sortit du bunker de contrôle : les assaillants venaient de passer le système de défense immergé et allaient atterrir sous peu.

« Ok les gars, c’est l’heure du show ! Sergent, activez les droïdes ! »

Les postes de sécurité et les zones habitées avaient été évacués : le personnel non militaire se tenait dans les abris et des leurres thermiques agrémentés de cultures de cellules tromperaient des scanners d’armures et a priori les sens des Siths grâce à la vie qu'elles dégageaient.

Elle avait prévu un piège : elle les laisserait s’enfoncer et dévoiler leur jeu, et ensuite elle frapperait. L’île était dotée d’un vaste réseau de galeries permettant grâce à des monorails à ses troupes de se rassembler ou de se rendre sur les points chauds.

L’artillerie immergée en sommeil allumerait les vaisseaux qui tenteraient de fuir, trois escouades se dirigeaient vers l’hôpital et la retransmission lui montrait la chambre piégée.

« Laissons les s’amuser : dites à nos troupes de reculer et de n’engager aucun combat inutile. »

Elle admirait l’efficacité de ces soldats : ils affichaient une performance et une qualité qui forçait le respect. Même avec l’effet de surprise, ça allait chauffer.

« Capitaine, ils ont pris la tour de contrôle civile »

« Bien ! Surveillez les et préparez vous à brouiller leurs communications, stand by sur les droïdes de combats et les escouades Cinq et six. S’ils remarquent quoi que ce soit, lancez l’opération et prévenez les autres. »

Dans la salle de contrôle régnait une ambiance électrique : tout le monde observait le silence. Sous son casque, Arahikemi grimaçait à l’idée des pertes qu’elle subirait aujourd’hui.

« Ils ont pris la capitainerie ! »

« Déployez les unités sous marines, trois escouades et des droïdes de soutient d’artillerie. »

Elle lâchait ses ordres avec un calme impérieux : ses hommes réagissaient sans délai, tout comme ceux de son adversaire. Arahikemi, commençait à l’apprécier : le voir diriger sa troupe lui permettait d’évaluer l’homme. Droit, discipliné, il avait des soldats dont il pouvait être fier.
Revenir en haut Aller en bas
http://ishtart.deviantart.com
Nephelë
Reflet d'Argent


Nombre de messages : 502
Age : 28
Personnage : Nephelë (PVE) Sayïa (RP)
Classe : Prêtre
Professions : Enchanteresse / Couturière
Date d'inscription : 29/09/2009

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: Re: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   Lun 6 Aoû - 10:23

Le capitaine Neemak avait disposé ses hommes afin de couvrir les diverses voies d’accès au bâtiment : il s’apprêtait à ouvrir la porte lorsqu’une main sur son bras l’arrêta.

« Capitaine, croyez moi c’est un piège. Cette jedi n’est pas là : quelque chose trompe mes sens, et croyez-moi ils sont parfaitement développés. Si je ne ressens pas quelqu’un de ce calibre, c’est qu’elle n’est pas là. »

« Mon Seigneur m’a envoyé pour lui ramener cette femme : je ne peux pas revenir sans elle et vous non plus »

« Que comptez-vous faire ? »

« Si c’est un piège, alors je vais débusquer celui qui est derrière tout ça et l’obliger à me dire où trouver ma cible. »

Avacin restait silencieux : il réfléchissait à la situation. Une pointe d’excitation montait en lui : il se sentait incroyablement vivant, à sa grande surprise. Il avait longtemps agit sournoisement, préférant l’ombre et la manipulation aux confrontations hasardeuses : les pièges, il savait les monter et les tendre... Peut-être pourrait-il comprendre celui-ci ?

« Qu’il en soit ainsi capitaine. Cependant, je vous recommande de ne pas ouvrir cette porte : regroupez vos hommes car je pense que nos ennemis ne vont pas tarder à se montrer. »

Depuis la salle de commandement, Arahikemi observait le manège des deux hommes avec intérêt. L’officier donna un ordre et ses hommes entamèrent un repli dans le calme.

« Ils ont compris : lancez le brouillage et enclenchez la surprise. »

Le silence de l’hôpital fut brusquement remplacé par le bruit violent des blasters : des éclairs fusaient en tous sens, les soldats s’effondraient. Le capitaine aboya un ordre alors qu’Avacin sortait son sabre et contrait les tirs les ciblant. Rapidement, la riposte s’organisa et les tourelles qui avaient fait irruption explosèrent sous de multiples impacts.
D’un rapide coup d’œil, le Sith évalua les pertes à plus de la moitié de l’escouade. Ses sens poussés à leur paroxysme par l’adrénaline lui indiquaient cependant qu’ils n’était qu’inconscients.

« Leurs armes sont sur paralysie, ils nous veulent en vie. »

« Comment ça, paralysie ? »

« Vos hommes sont juste inconscients, les tourelles étaient en mode paralysie. »

« Alors ils ont commis une grosse erreur. »

Pour le capitaine, la notion de paralysie sur une arme était absurde, mais il voyait bien une solution se profiler. Il activa son communicateur qui lui renvoyait un crachotis inaudible : l’ennemi brouillait les communications. D’ici peu ils auraient de la compagnie, et qui sait peut-être même un officier à interroger.

« Renforcez la position, tenez vous prêt à les recevoir soldat ! Pour l’Empereur ! Pour la victoire ! »

Sortant des fonds marins et du sable, de petites unités assistées par des droïdes d’assaut et des générateurs de champ prenaient les hommes de Neemak à revers. Surgissant comme des diables, les hommes d’Arahikemi semblaient être partout.

En réalité, ils étaient en sous-nombre : cependant, la surprise et la rapidité de leur assaut leur conférait un certain avantage qu’ils exploitèrent, faisant subir à leur ennemi déstabilise de lourdes pertes.

Arahikemi observait le déroulement des opérations alors que le métro souterrain la menait vers l’hôpital. Les troupes d’invasion se regroupaient et se réorganisaient. Elle avait compté sur le brouillage pour isoler les soldats de leur commandement et ses hommes avaient aligné les officiers en priorité, mais l’effet était minime. Ils gardaient leur position et s’était retranchés pour soutenir la riposte.

« Ces soldats sont incroyables, des petites unités autonomes et capable d’opérer isolées du commandement… »

« On dirait que vous les admirez, madame »

« Je les respecte lieutenant : regardez l’efficacité qu’ils affichent ! Ces hommes sont disciplinés à l’extrême : ce sont des soldats loyaux et brillants. Ne sous-estimez jamais vos adversaires »

« Mais nous sommes moins nombreux, pouvons nous l’emporter ? »

« J’ai dit que je les respectais, pas que j’allais me laisser faire. L’assaut initial a réduit leur nombre et là, on tire plus au paralysant. Lancez le signal. »

Le lieutenant tout juste sorti de l’école de guerre activa son com-link, ordonnant l’enclenchement de la phase suivante. En réponse, le rugissement de quatre aérotanks déclassés, des engins robustes, améliorés et remis en état par les hommes d’Arahikemi, se fit entendre. Ils crachèrent des volées de roquettes sur les soldats retranchés pendant que les hommes de la garde en colonne derrière les véhicules progressaient à l’abri des tirs ennemis, protégés par l’incroyable blindage que leur fournissaient les tanks.

La situation restait incertaine : l’objectif de la mirialane, vétérante de nombreuses campagnes, avait été de les laisser entrer et par la suite de les encercler pour les capturer et les neutraliser. Éviter une situation d’échanges de tir, limiter les pertes, ne pas sombrer dans l’enlisement d’un retranchement. Malheureusement, les assaillants semblaient plus déterminés qu’elle ne l’avait imaginé.

Chaque pouce de terrain gagné se faisait dans le sang et la douleur : les rapports indiquaient de nombreux blessés. Peu de pertes, mais elle savait que cela ne saurait durer.

« On doit les déloger : dites au lieutenant None de reprendre le spatioport, je lui confie les aérotanks et les deux escouades. Dites lui qu’elle a carte blanche : je veux que cette situation soit sous contrôle au plus tôt. Retirez les droïdes de son groupe d’assaut et déployez les à la capitainerie.»

Le radio transmit les ordres aussitôt, tout en suivant son supérieur qui avançait à grandes enjambées. Elle semblait réfléchir à toute vitesse, consultant des diagrammes et des plans de l’île, de ses installations, et les données que les capteurs disséminés dans la structure lui apportaient en temps réel.

« Bien… C’est à nous : on se déploie et on neutralise le groupe de l’hôpital. »

Sortant des alentours de l’hôpital, les soldats arborant l’emblème de la Garde se déployèrent sous le regard satisfait de leur supérieur.

« Toutes les escouades en position, madame. »

Le temps fut comme suspendu : elle savoura cette intensité de l’instant, quand l’univers se figeait pour elle. Elle était dans l’œil de la tempête : son refuge qui lui redonnait sa maîtrise des choses, le fruit d’années de guerre et de l’entraînement d’une des Jedis les plus étrange de l’univers. D’un geste, elle ordonna l’assaut et elle s’élança, son fusil en main, prête à en découdre auprès de ses hommes, de sa famille.



***************



« Ils approchent ! Des unités déployées sur le pourtour, on est encerclés. »

Avacin, concentré sur ses ressentis, percevait les forces vitales des hommes d’Arahikemi, liées à la force comme toutes chose vivante.

« Bien : transmettez aux snipers de rester sur place. On va leur servir leur propre sauce. »

Mentalement, le Sith transmit ses ordres : travailler avec des sensibles à la Force avait un certain intérêt. Certes il ne pouvait pas vraiment coordonner un assaut, il n’avait pas assez de maîtrise à une si grande échelle, mais des informations simples à quelques hommes n’était pas un soucis.

Sur le toit, les hommes de Neemak restaient à l’affût : leurs armures leur conféraient un camouflage optique performant, et tant qu’ils ne dévoilaient pas leur présence, personne ne pouvait les repérer.

« Capitaine, la mitrailleuse nous informe qu’ils sont à portée de tir. »

Levant les yeux vers la caméra du couloir, Neemak sourit, et adressa un salut respectueux à leur intention avant de les détruire.

« Voilà, le voyeurisme a ses limites : que les mitrailleurs ouvrent le feu ! Je veux qu’ils tiennent la position le plus longtemps possible ! Les autres, à vos postes. Votre Excellence, pouvez-vous contacter les navettes de réserve ? »

Surpris, Avacin prit un instant à répondre : le capitaine l’avait appelé Excellence. Un sentiment étrange de fierté l’envahit un instant : une sensation troublante.

« Je m’en occupe capitaine, que dois-je leur transmettre ? »

Les soldats se répartissaient dans la bâtisse, se préparant à une lutte au corps à corps, une guérilla sans merci, alors que la moitié des hommes étaient encore au sol.

« Dites leur d’approcher à mon ordre et de faire un passage au dessus de l’hôpital : qu’ils larguent les hommes et ensuite qu’ils lâchent tout ce qu’ils ont avec les autres vaisseaux sur le spatioport et la capitainerie, à l’exception du vaisseau de transport un : il reste en retrait. »

« C’est transmis. Cette réserve... Vous pensez que les vaisseaux seront perdus ?»

« En effet, mais c’est notre seule chance de déstabiliser nos adversaires et de reprendre l’avantage, voire de réussir notre mission. »

Le tir de la mitrailleuse blaster résonna à cet instant. A l’extérieur, le mitrailleur pilonnait les troupes qui s’approchaient : il avait attendu et son premier tir avait fauché plusieurs hommes, forçant les autres à se mettre à couvert.

Arahikemi ordonna une avancée couverte par des générateurs de bouclier et des droïdes blindés, et à la salve une tempête de tirs répondit, pulvérisant les murs et les allées.

« Donnez le top aux embusqués, votre Excellence, hormis le sniper deux »

Le mitrailleur hurla : ouvrant un feu nourri et désespéré, il obligeait les hommes de la garde à rester à couvert. Bien sûr, ils tenteraient de le prendre à revers : il ne pouvait couvrir tous les angles. Du bâtiment, des tirs visaient les soldats qui s’approchaient : rendant coup pour coup, la garde avançait.

Consultant son pad arahikémi donnait des ordres brefs, redéployant les unités et appuyant le tir sur le nid de mitrailleuse, deux grenadiers attendait d’être a portée, soudain des explosions alignèrent ses troupes.

Sur le champ de bataille les hommes surpris cédèrent à la panique un instant, cherchant à se mettre à l’abri des obus qui pleuvaient sur eux. Dans les communicateurs, des cris résonnaient : douleur et agonie. La terre et la fumée soulevée par les explosions obscurcissaient tout. Profitant de la couverture, le sniper un alignait les soldats sans craindre d’être découvert.

« Nom de… Trouvez-moi ces mortiers à tir rapide ! »

« Je lance la triangulation via nos droïdes sur place madame ! »

La mirialane sentit la rage monter : ses hommes mouraient. Chaque tir, chaque homme hurlant, chaque corps inerte au sol, chaque regard mort lui arrachait un peu de son âme.

« On y va ! Entrez dans le bâtiment, on les chope ! »

Sortant des tunnels directement dans l’hôpital, les soldats de la Garde ouvrirent le feu sur ceux de Neemak qui ripostèrent aussitôt, l’effet de surprise éventé par l’acuité des sens du Sith.

« Je les ai madame, deux mortiers : on a leur position à ces salopards ! »

« Ok. Evacuez les hommes de la zone, envoyez-leur de l’artillerie depuis la mer »

Quelques commandes tapées à grande vitesse ordonnèrent l’envol de deux missiles depuis les abords de la plage.

« Bordel de merde ! »

L’un des artilleurs avait aperçu la traînée de fumée du missile et tenta de se jeter du toit : l’explosion le projeta à plusieurs mètres. L’onde choc avait transformé son corps en une poupée flasque et sans vie.

L’impact des deux ogives secoua tous le pâté de maisons et l’hôpital. Deux maisons furent pulvérisées : un instant, le silence régna sur la zone, le temps que les hommes se remettent du choc et reprennent leur assaut.
Au travers des fumés des décombres, les tirs de blaster zébraient l’air : un spectacle de cauchemar, surréaliste et effrayant. Les soldats se déplaçaient comme des spectres dans le brouillard.

«Avacin, donnez l’ordre aux navettes, et que les snipers se fassent plaisir ! »

Dans un rugissement de tuyères, les navettes abandonnèrent leur position et se ruèrent vers l’île. Des tirs de DCA et des missiles fusèrent des caches au sol et dans les eaux de l’océan alentour. Les navettes de transport n’eurent pas le temps de prendre un réel envol : abattues au décollage, les carcasses transformées en boule de feu s’écrasèrent sur la plage.

Les deux navettes de réserves, dont l’acquisition n’était pas prévue, se faufilaient au milieu des explosions et des projectiles, les pilotes crispés sur leurs commande. Ils avaient les yeux rivés sur les écrans, et sous l'effet de l'adrénaline, assimilaient une nuée d’information par seconde, réagissant avec une efficacité et une rapidité effarante.

Les écrans faiblissaient, mais désormais les ordinateurs de visée avaient des cibles, et un feu nourri réduisait les défenses du QG de la garde. Effectuant un passage bas, la première navette lâcha une escouade en jumpsuit : ralentis par les réacteurs dorsaux, les renforts atterrirent.

La seconde navette, moins chanceuse, ouvrait sa soute, lorsqu’un tir toucha directement par la porte ouverte, pulvérisant l’appareil dont les débris furent projetés sur une centaine de mètre, mutilant indifféremment les combattants.

L’escouade de renforts sérieusement amputée par l’explosion tentait d’établir la jonction avec le reste des troupes.

A l’extérieur, les snipers enchaînaient les tirs, malgré la fumée. Le sniper deux, tout à sa concentration, ne sut jamais qu’il avait été repéré : un tir de grenade mit fin à sa carrière sans douleur.

Le second sniper acculé se jeta vers ses ennemis après avoir enclenché une grenade thermique : il mourut en emportant deux hommes de plus avec lui. Sa dernière pensée fut pour son Empereur et il cria son nom comme une offrande au moment de sa mort.

Petit à petit, les hommes de la garde reprenaient l’hôpital, guidés par Arahikemi qui avançait comme une furie au milieu des combats. Exaltant ses hommes à force d’encouragement et de bravoure, elle semblait invulnérable : la Garde, galvanisée, avançait sans relâche.

« On en est où des deux autres groupes d’assaut, votre Excellence ? »

« Je crains que la capitainerie ne soit tombée, mais vos hommes ont mis les générateurs en surcharge : les dégâts sont lourds.

« Et le spatioport ? »

« Nous l’avons perdu : une sorte de folle furieuse a utilisé un jumpsuit pour s’accrocher à la seconde navette. Elle a fait sauter la verrière avec de la détonite et l’a retournée contre nos hommes »

Il avait dit nos hommes. Etrange. Avacin se sentait plus proche d’eux que de personne d’autre auparavant... Il reprit son briefing :

« Ils ont réussit à abattre l’appareil, mais elle l’a crashé sur nos lignes de défense, créant une percée dans laquelle ses hommes se sont engouffrés. Il semble qu’elle a compris qu’ils étaient prêts à mourir en emportant un maximum d’ennemis, aussi elle n’a fait aucun quartier. »

« Dommage qu’elle soit morte, elle était courageuse. »

« Elle n’est pas morte : elle a sauté de l’appareil avant le crash et a couru derrière les lignes sous le regard ahuri de nos soldats. »

« Ces gens sont remarquables, j’ai hâte de croiser leur chef. »

« Je pense qu’on devrait envisager de se replier capitaine, nous les avons frappé durement et notre cible n’est pas là »

« J’en conviens, cependant je tiens à tenter ma dernière carte. »

Les murs explosèrent, et les deux capitaines se rencontrèrent enfin : Arahikemi fixait Neemak. Les soldats luttaient désespérément, mais ils n’étaient plus qu’une poignée à résister à la Garde.

« Rendez vous ! Dites à vos hommes de jeter leurs armes ! »

« J’en suis navré, capitaine, mais mon Empereur ne serait pas d’accord. Vous pouvez toujours vous rendre. »

Neemak fit un signe à Avacin : ce dernier entra en transe, son esprit pénétrant celui d’Arahikemi, cherchant à en prendre le contrôle via la Force.

« Je l’ai capitaine, elle est à nous »

La Mirialane s’immobilisa. Les soldats retinrent leur souffle de chaque côté : sous le casque, ses traits se déformèrent sous l’effet d’une rage terrifiante. Elle leva son arme et arrosa la zone où se trouvait Avacin d’une pluie de grenades : actionnant son jetpack, elle traversa la salle et atterrit brutalement sur un soldat dans un craquement d'os.

« Mais qu’est-ce qu’elle fait ! Obéis ! Arrête-toi ! »

Avacin, stupéfait, observait impuissant la femme en armure se jeter sur lui. Son arme vide, elle avait sorti une vibrolame : un coup ajusté fit voler son masque en éclat, entaillant son œil. Seuls les réflexes de Neemak le sauvèrent, en le tirant en arrière.

« Il faut fuir, capitaine ! »

Le Sith hurlait de douleur : l’esprit de la Mirialane, rempli d’une telle fureur qu’il avait coupé le contact, et sa blessure, lui vrillaient le cerveau. Il ne vit pas Neemak actionner un dispositif qui réveilla les soldats paralysés.

« On évacue, couvrez son Excellence ! Sebekk voudra savoir ce que nous avons vu ici ! »

Luttant jusqu'à la mort, les soldats permirent à Neemak et Avacin, fou de douleur, de fuir l’île, leur navette profitant des dégâts occasionnés dans les lignes anti-aériennes.


***************

Les décombres fumants et la poussière du combat donnaient à la scène un air de fin du monde. Arahikemi consultait les rapports, folle de rage. Sebekk ! Elle retiendrait ce nom jusqu'à ce qu’elle le trouve et le fasse payer.

« Madame, les pertes sont de 18%, l’ennemi a été complètement vaincu. D’après les rapports, nous avons triomphé alors qu’ils étaient à 3 contre 1. C’est une belle victoire. »

Le regard de son capitaine le fit reculer.

« Pourquoi tant de pertes ? Qui peut vouloir traiter ses soldats comme des outils, les sacrifier de cette manière ? Une victoire, hein ? »

« Capitaine, on a gagné : on a limité les pertes, c’est sur qu’on s’attendait pas à ça et je vous comprend, mais faut souffler : t’as assuré, Mamie Ara ! »

Sioban regardait son capitaine avec un fierté, en dépit de ses blessures, le bras en écharpe, des lacérations au visage, quelques brûlures…

« Ouais, t’as raison. Mais appelle moi encore Mamie et je te botte le train, l’artiste. »

Pendant ce temps, Neemak et Avacin avaient fait leur rapport à Sebekk. Bien que contrarié, il leur assigna une nouvelle mission, dans l’Empire cette fois : une Darth à gérer et quelques indiscrets à neutraliser - Le Talion - retrouver une Ashankä, et tuer quelques Darths…

Le Dieu se sentait d’humeur à brûler cette galaxie contaminée par les Démons. Une fois son projet mené à bien, il les exterminerait. Il devait tout de même les remercier : après tous ils s’étaient battus au point d’être exsangues, des proies faciles pour ses armées.

« Oui mon frère, je sens ta rage, ta colère : elle me nourrit et me donne tant de force ! Rejoins moi mon frère, et mettons cette galaxie à genoux ! Apprenons lui l’honneur, l’ordre et le respect… »

Satisfait, il ressentait le seul obstacle qui restait devant lui rejoindre ses rang. S’il tuait ou faisait tuer par l’Empire Ashankä, il ne serait plus seul.
Revenir en haut Aller en bas
http://ishtart.deviantart.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)   

Revenir en haut Aller en bas
 
[Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Journal PNJ] Dark Sebekk (Ecrit par Sophia)
» Dark Mechanicum
» Azov ou le journal d'un patriote.
» Mamecab, the dark knight
» Brève du Journal Officiel du Donjon.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Garde d'Argent :: La Grande Bibliothèque :: Vies Antérieures :: Star Wars :: Secrets anciens :: Histoire (attention, spoilers pour les nouveaux !)-
Sauter vers: