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 Mat'aenna (écrit par Mat'aenna)

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Nephelë
Reflet d'Argent


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MessageSujet: Mat'aenna (écrit par Mat'aenna)   Lun 16 Jan - 12:26

Un monde gelé, un monde brûlant. Un monde à deux facettes, où les femmes et les hommes étaient parfois séparés par un océan de coutumes.
Elle était née là-bas, dans cette grande ville située dans la principale chaîne de montagnes de la planète Ryloth, la Chaîne des Cinq Solitaires ; une cité-Etat, forte d'une population de 100 000 personnes, magnifique perle de modernité, avec son spatioport planétaire, son système de pompage souterrain et ses célèbres cantinas, remplies des plus jolies danseuses twilek que ce monde béni pouvait fournir.
Elle n'avait pas de père. Qui aurait d'ailleurs pu se targuer d'être le père de cette enfant d'esclave, prostituée et serveuse à ses heures dans un tripot du quartier ouvrier, le plus bas quartier de Kala'Uun, le « Bantha Chantant » ? Personne, apparemment, mais cela n'avait pas gêné sa mère pour l'élever seule. Bien qu'elle n'éprouvât pas beaucoup de sentiments pour ce petit être de chair éclot dans son ventre par mégarde, l'esclave savait qu'il était important que son nom perdure – fut-ce dans la servitude. Peu importait maintenant à son maitre qu'elle fut à nouveau enceinte : il avait la relève qu'il attendait pour son commerce. Cette gamine serait sa future danseuse, quand sa mère ne serait plus assez fraiche.
Mat'Aenna eut une enfance très solitaire. Si pendant ses quatre premières années elle put circuler librement dans la cité, cela ne fut plus le cas lorsque Pra'Tari la fit tatouer de son nom et des symboles de la planète. Son espace fut dès lors restreint à la cantina, et son éducation devint objet de plus d'attention de la part du maitre de sa mère. Ne la comblait-il pas de cadeaux et de bonbons ? N'était-il pas merveilleusement gentil avec elle, comme un père devait l'être avec sa fille ?
Le soir, lorsqu'il était temps de se coucher, l'enfant écoutait dans le noir les bruits familiers qui émanaient de la chambre de sa mère et des autres femmes, à l'étage au-dessus,. Des bruits étranges, essoufflés, qui ne voulaient rien dire pour elle, sinon que c'était probablement son avenir. Avenir de quoi ? Sincèrement, elle n'en avait pas une idée claire, du haut de ses huit ans. Que faire ? Oui... il fallait aller voir. Satisfaire sa curiosité, pour connaître ce à quoi elle était destiné. Vite, la petite twilek sortit de son lit, se coulant dans sa robe de chambre pour ne pas attraper froid. Ses chaussons, pour ne pas faire de bruit. Voilà, elle était partie. Il ne fallait qu'on l'entende ! Elle serait punie, sinon. Et ce n'était pas la joie quand on se faisait prendre, ça, au moins, c'était clair.
A pas de sarcat, elle s'introduisit dans le couloir, en retenant son souffle. Elle gravit lentement les escaliers... s'arrêta devant la chambre. Une porte rouge, couleur détonnant dans le couloir bleu, auréolé de néons multicolores. Un tapis moelleux courait tout le long, dans lequel ses pieds s'enfonçaient avec délice. Voilà, c'était le soir où elle allait découvrir la vérité que sa mère avait toujours refusé de lui relater. Quelque part, une sonnette d'alarme retentit dans sa tête. Étais-ce l'image d'une esclave qui dansait à trois quart déshabillée, un sourire accrocheur rivé sur ses lèvres marrons sur une estrade qui la poursuivait ainsi ? La fillette essaya de chasser ce sentiment, mais il persistait. Ce n'était peut-être pas une si bonne idée, après tout. Tant pis... Elle n'avait pas souvent été raisonnable, de toute façon.
Elle colla un œil à la serrure, se reculant bientôt, choquée. Puis s'enfuit dans sa chambre, où l'enfant se mit à pleurer, sans trop savoir pourquoi.

Elle se réveilla brusquement.
La vie était devenue impossible, là où pourtant, elle avait toujours trouvé réconfort et sécurité. Au fil des années, elle avait commencé à travailler d'abord comme femme de ménage, puis comme serveuse au « Bantha Chantant ». Mais depuis qu'elle avait eu treize ans l'année précédente, celui qu'elle considérait comme un père ou un ami, l'ancien twilek bienveillant qui écoutait ses petits secrets avec amusement s'était peu à peu transformé en une autre personne. Quelqu'un qui regardait son corps comme d'autres la frôlaient au passage de leurs mains intruses ; quelqu'un dont le regard s'était alourdi au point de devenir un fardeau.
Bien qu'elle ne possédât plus l'innocence d'autrefois, à treize ans passés, Mat'Aenna avait toujours songé à l'échéance de son passage à la vie d'adulte comme à un songe lointain, une chimère émergée des brumes de son imagination, qu'elle s'était depuis longtemps refusée à accepter comme son futur certain. Mais désormais, ce moment était presque venu, et la jeune fille commençait à ressentir lourdement la peur qui montait en elle. Pas du moment en lui-même, mais de celui où elle deviendrait comme sa mère. Une femme belle, mais étroite d'esprit. Qui voyait le bout du monde en haut du grand escalier mécanique qui parcouraient les niveaux de Kala'Uun, aux illusions enfuies et probablement enterrées là où il y avait un cœur – maintenant qu'il était mort, cela ne devait plus poser de problèmes. Cette personne dénaturée qui semblait avoir carrément oubliée qu'elle avait une fille devait avoir laissé son âme s'évanouir dans les étoiles. Pas de soucis, elle réagissait pareil ! Et toc.
La jeune twilek n'était peut-être pas la personne la plus mature sur cette mocheté de planète, mais en tout cas, elle n'était pas la plus bête.
La peur ne la paralyserait pas assez pour qu'elle se résigne. Même les esclaves avaient droit aux rêves et à la beauté, et au bonheur en ce monde. Son destin n'était pas de faire de grandes choses, et s'il fallait vraiment qu'elle reste ici, elle serait rattrapée. Mais il n'était pas question qu'elle se résigne à rester dans ce bouge. Découvrir le monde ! Et pour ça, elle avait un plan.
Pra'Tari était un mâle d'habitude.
Par exemple, il lui arrivait fréquemment, le soir, de prendre un petit verre avec ses meilleurs clients tout en surveillant ses filles du coin de l'œil. Il était très fier de ce qu'il avait réussi à construire, en partant de presque rien. Après toute une vie de trafic en tout genre – ryll, armes de contrebande, drogues, accessoirement – il avait décidé de se poser enfin et de mener des activités légales tout en profitant d'une retraite dorée. Le twilek avait donc acheté quelques esclaves à prix d'or – des danseuses toutes jeunes qui sauraient augmenter la notoriété de son établissement. Et si son affection à l'égard de ces dames dépassaient largement le simple cadre d'un attachement paternel, il se sentait responsable d'elles. Et quand il voyait sa petite préférée, celle qu'il gâtait d'ailleurs beaucoup trop, en grande conversation avec les pires racailles qui venaient prendre un verre chez lui, il était plutôt rassuré de voir qu'il n'entretiendrait pas une gourde. En voilà une qui avait retenu ses enseignements et qui les mettaient en pratique, même si sa silhouette ressemblait encore à celle d'un garçon. Cela ne tarderait pas à changer, de toute façon.
Comme toutes les nuits, après avoir confié la fermeture de la cantina à Mat'Aenna et au garde du corps qui protégeait son commerce, il s'avança dans le couloir, d'un pas un peu chancelant. Il buvait beaucoup. C'était son petit petit péché, boire. Le goût délicat de la membroisie lui piquait la langue de doux picots et avait le don particulier de lui faire ressentir une ivresse aérienne, doublée d'une légère euphorie. Après, il s'allongeait dans son lit – parfois avec une de ses filles – et pouvait passer une bonne nuit. Mais... Pra'Tari avait un peu abusé, cette fois-ci. Il commençait à ressentir un violent mal de crâne. Des pas étouffés par le tapis violet parvenaient vaguement à ses oreilles, mais il ne s'inquiéta pas. Pourquoi s'inquiéter ce soir ? Sa vie était parfaite... parfaite... il se cogna contre le mur, éclatant d'un rire d'ivrogne. Puis s'écroula, alors qu'une douleur violente lui vrillait le crâne.
Il se réveilla dans un espèce de flou cotonneux. Il se trouvait dans sa chambre. Une vive lumière illuminait son bureau, l'aveuglant en partie. Un goût de sang dans sa bouche le fit grimacer, mais il poussa bientôt un cri de douleur lorsqu'une main cruelle se saisit de ses lekkus pour les tordre violemment. Une voix s'éleva dans la nuit de sa chambre, lui demandant où se trouvait son argent. SON fric. Ptra'Tari suffoqua. On voulait le dévaliser ! C'était comme si on l'égorgeait. Le canon d'un blaster se colla à son ventre, sur son deuxième estomac, et la douleur s'accentua au niveau de ses tchun-tchin. Parce qu'il tenait à la vie plus qu'à ses crédits (mais de pas très loin...), le twilek raconta tout. Puis, encore une fois, ce fut le néant qui envahit ses sens.

Enveloppée dans des habits noirs et chauds, l'adolescente était assise sur un banc, au coin d'une des nombreuses intersections de la cité creusée à l'intérieur de la montagne. Mat'Aenna attendait, serrant contre elle un sac qui contenait ses affaires. Si elle avait bien calculé, le bothan avait du parvenir à la demeure privée de son maitre, sous la cantina, il y avait une demi-heure de cela. Maintenant, il devait être en possession de l'argent. Contre un dernier paiement de sa part, il lui donnerait un petit pourcentage de son butin, un blaster et la pièce d'identité qu'elle avait demandé. Un truand certes, mais un alien intéressé par les silhouettes graciles dans son genre. Et prêt à donner beaucoup pour avoir ce que son maitre lui refusait depuis longtemps : à savoir, sa petite personne.
L'endroit n'était pas sûr. Encore moins à cette heure de la nuit, et la peur l'envahissait, prenant possession de son être à chaque minute qui passait dans le silence.
Des pas dans la « ruelle ». Elle se raidit, serrant ses doigts autour du couteau qu'elle avait chipé. Pra'Tari s'était montré crédule envers elle, bien qu'il ne soit pas courant que les femelles twilek se rebellent comme elle l'avait fait. Dans tous les cas, elle serait recherchée rapidement. Et si le bothan la doublait ? Elle n'aurait que ce qu'elle méritait pour la trahison de son maitre, de sa mère. Tant pis. Elle avait pris le risque. C'était trop tard pour faire marche arrière.
L'ombre s'assit à côté d'elle. La twilek prit la parole, de sa voix douce, très basse.
- « Tu as ce que je t'ai demandé ? »
Un petit paquet glissa à portée de ses doigts, dont elle se saisit avec brusquerie, vérifiant le tout avant de le glisser dans son sac.
- « Et ce que tu me dois maintenant ? »
L'adolescente se releva, pour venir se glisser dans l'ombre d'un portique. La silhouette masculine la rejoignit, faisant rouler l'étoffe noire sous ses doigts blancs.


Une semaine standard plus tard, son transport atterrissait dans un des nombreux spatioports de la planète de Coruscant.
Coruscant... une ville-planète, à l'horizon submergé de milliers de grattes-ciels semblables à des oiseaux étincelants, dont le ciel était presque dissimulé par un océan de véhicules volants. Ville tentaculaire qui s'étendait sur des kilomètres au-dessus de la surface, la jeune twilek ne savait plus où donner de la tête. Tellement de couleurs, de bruits, de musique, de... pollution. L'air était complètement saturé par des relents odoriférants qui semblaient n'avoir d'autres vocations que d'empoisonner ses poumons et la faire tousser. Pas étonnant que les humains trouvât Ryloth étrange : ici, c'était carrément un autre univers.
La réalité était que Mat'Aenna n'avait pas vraiment choisi son nouveau lieu de vie. Elle avait acheté un billet pour le premier vaisseau en partance ; et malgré toutes les économies qu'elle avait pu faire sur tout, il ne lui restait pas grand chose de sa trahison envers son ancien maitre. De quoi manger pour quelques jours, en attendant qu'elle trouve le premier travail qui passerai sous son nez. Au moins elle connaissait un peu le basic, même si elle était foncièrement incapable de lire comme d'écrire une phrase de ses mains maladroites. Première question : se loger.
La première nuit fut probablement la plus éprouvante. Elle avait du aller de plus en plus bas dans les niveaux pour trouver quelque chose qui convenait à sa bourse. Et maintenant, elle était seule. Seule, tout au fond de l'inconnu. Est-ce qu'elle avait eu tort...? les larmes lui vinrent naturellement, explosant en centaines de ces perles transparentes qui libéraient tant l'âme et soulageaient si fort même les plus sombres chagrins. C'était elle qui avait désiré cette nouvelle vie, et elle était forte. La vie serait si belle maintenant qu'elle avait le choix de vivre sa propre vie ! L'important, c'était d'espérer. Le reste viendrait bien tout seul.
La jeune twilek avait désormais commencé à prendre ses habitudes. La journée, elle remontait dans les quartiers plus luxueux pour chiper de l'argent ou des objets de valeurs et le soir, elle repartait dans les bas-fonds pour essayer de les refourguer. C'est ainsi qu'elle fit la connaissance de Sly, un humain à l'abondante chevelure lavande qui travaillait dans un fast-food et arrondissait ses fins de mois en dealant. il partageait avec sa nouvelle copine sa profonde aversion pour l'autorité et pour la guerre stupide qui déchirait jedis et siths en oubliant complètement les victimes collatérales occasionnées : les gens comme eux. Mat'Aenna s'entendit tout de suite très bien avec lui. Il avait un beau sourire charmeur, plaisantait avec elle et l'emmenait visiter Coruscant avec un enthousiasme d'adolescent.
Après quelques mois, la jeune fille se sentait parfaitement intégrée à sa petite bande qui se constituait principalement de petites frappes qui jouaient aux durs, elle comprise. Elle avait appris à se servir de manière correcte de son blaster - sécurité oblige – et elle se rendait utile comme elle pouvait. Notamment, en servant plus ou moins d'espionne à toute la bande. Ne pas se faire remarquer, c'était vraiment son point fort dans la vie !
Du moins, la twi'lek l'avait pensé. Elle s'était cru en sécurité jusque là ; mais il fait croire que c'était assez illusoire. Depuis qu'un gang mafieux de twilek s'étaient installés à proximité de leur Super Quartier Général (qui n'était rien d'autre qu'un appartement miteux rempli de bestioles, mieux que les égouts, quand même) Mat'Aenna ne dormait plus très bien. Les twileks avaient tendance à se serrer les coudes, et à moins que ceux-là n'aient aucune loyauté envers leur clan et leur race, elle n'allait pas tarder à avoir de gros ennuis.
Il était temps de déménager, et de se séparer de ses nouveaux amis. Elle partit encore une fois, sans prévenir. Décidément, il valait mieux ne pas s'attacher, on ne savait jamais quand on devait tout abandonner. Peut-être aussi qu'elle n'était pas faite pour se débrouiller seule. Déjà deux fois elle avait failli se faire avoir par la police, mais Sly avait toujours été là pour la tirer d'affaire. Comment ferait-elle désormais ?
Fallait compter sur elle-même, pardi. Se prendre réellement en charge alors qu'elle ne l'avait jamais fait jusqu'à maintenant. Retrouver un travail, un appartement décent, avec de l'argent de côté, c'était mieux. Surtout qu'elle habitait un endroit propre, peu spacieux mais qu'elle pourrait décorer à son aise. Peut-être une affiche ici...Brusquement, elle tourna la tête. Quelque chose dans l'air... un sentiment de danger imminent jaillit de son cœur. Un coup de blaster vint frapper le mur juste derrière elle.
Vite, l'adolescente se réfugia derrière son canapé, décrochant sa propre arme de sa ceinture. Elle riposta, à l'aveuglette. Franchement, elle avait combien de chances de s'en sortir ? Un autre coup, puis encore un autre. Les plumes de son nouveau meuble transpercé volaient dans tous les sens. Sortir de là... mais comment ? Il bloquait sa seule issue ! Il fallait courir, puis l'avoir par surprise. Le blesser, et lui extirper ensuite pourquoi il voulait sa peau. Voilà un bon plan, simple, et efficace. Sa seule chance, aussi, non ?
Avec vivacité, elle courut sans plus réfléchir jusqu'au mur qui la séparait de son agresseur, pour tomber à terre avec un cri de douleur. Le salop l'avait touché à la jambe ! Elle pressa sa jambe, pour arrêter le flux de sang, fixant le twilek qui s'approchait en la tenant en joue. Il avait l'air content de lui, ce pourri... D'un coup de pied, il fit valser son arme loin d'elle, tandis qu'elle détendait brusquement sa jambe valide dans l'aine de son adversaire. Il eut un mouvement de recul, et elle se jeta ventre à terre vers son arme. Un vent semblait la pousser,, si grande était sa volonté de s'en sortir ; mais Mat'Aenna fut stoppée dans son élan avec brusquerie. Il s'était saisit de ses lekkus, et tirait si fort qu'elle poussa un second hurlement. Puis, dans un élan de rage, il tordit son épaule droite, qui se démit dans un craquement sinistre.


Un lekku bleuté, teinté de taches noires éparses, émergeait seul du sac de couchage qui recouvrait une silhouette mince, gracile, aux formes peu développées.
L'envol massif d'une nuée d'oiseaux réveilla la twilek qui se frotta les yeux, fixant son regard violet sur le kaleesh étendu à côté d'elle, enroulé dans ses propres couvertures. Il était temps de se lever. Ils s'étaient couché tard, la veille au soir, et elle ne devait pas le déranger. Pas maintenant qu'il se reposait ; ils avaient une longue journée devant eux. Rapidement, elle se vêtit d'un pantalon et d'un tee-shirt ample, s'extirpa de la tente en silence, s'installa auprès du feu avec un bol de leesha bouillie, qu'elle mit à chauffer sur leur installation un peu rudimentaire.
Ici, dans la forêt, elle était plutôt heureuse... Ca changeait agréablement de Coruscant et de tous les souvenirs qui s'y étaient rattachés. La vente, dans un entrepôt désaffecté où elle avait à peine compris ce qui lui arrivait tellement son cerveau avait été saturé de drogues diverses pour l'empêcher de ruer dans les brancards ; la douleur atroce qui l'avait fait émerger du flou qui l'entourait, au moment où cet enfoiré lui avait ouvert la poitrine sans anesthésie pour y déposer son petit dispositif de paranoiaque ; les larmes sans fin quand il l'avait enfermé pour voir combien de temps elle tiendrait sans manger et sans s'évanouir... la sensation frustrante de retour à la case départ, et, pour finir, la résignation, quand elle s'était rendue compte que sa situation était inéluctable. Les jedis ou les siths, ils étaient tous pareils. Des manipulateurs et des fourbes, et des flics ou des soldats. Tous à moitié dingues ! Nan, mais quoi, une bombe dans le coeur, c'était presque de la démence, putain ! Moins voyant que le collier, beaucoup plus malin pour les douleurs que ça pouvait infliger en gênant très légèrement les battements de son coeur en permanence, comme pour lui rappeler à chaque minute qu'elle ne pouvait pas le décevoir. Plutôt logique mais qui ne l'empêchait pas de lui tirer la langue dans son dos et de se moquer de lui à mi-voix. Ce qui le faisait rigoler, en plus ! Pfff... même pas drôle.

En tout cas, c'était sûr que c'était un mâle étrange, qui collectionnait les crânes, qui aimait sentir son corps contre le sien, la nuit, qui savait se montrer adorable et se foutre dans des colères magistrales d'un instant sur l'autre, sans transition. Un renégat à ce qu'avait compris la jeune fille, qui, du haut ses quinze années standard, n'arrivait pas à déterminer si elle détestait cet homme ou s'il la fascinait plus que de raison ; ce qui était certain, cétait qu'elle en apprenait plus sous son égide qu'en toute sa vie entière réunie. La vie ou la mort, à elle de choisir, sans cesse, quand il l'envoyait dans les bois rapporter une bête dangereuse, avec les deux flingues qu'elle possédait désormais. Des jours de traque dans les bois s'ensuivaient, à se demander si son nouveau maitre ne la suivait pas, s'il aurait l'idée de venir à son secours si elle se faisait surprendre et découper en morceau par un animal enragé. Mais il avait toujours été là à la dernière seconde, pour la sortir du danger au dernier moment, pour soigner ses plaies parfois profondes provoqués par la faune alentours qu'elle n'avait pas pu esquiver. Il faisait toujours en sorte que ses cicatrices restent un peu voyantes, en guise de punition – et il la renvoyait au boulot. Un jour, il avait choppé des indigènes, et lui avait demandé de les shooter en leur courant après. Un petit exercice d'endurance et de sang-froid, selon lui ; sur quoi la gamine avait ricané, et les avait tous dézingué avant qu'ils ne soient tous disparus. Des scrupules, elle en avait eu un peu, au début, bientôt étouffés par la sensation qu'elle jouait sa vie dans l'histoire, et qu'elle tenait mieux à la sienne propre qu'à celles des autres.
Puis, après cet épisode, il l'avait à nouveau emmené dans son vaisseau, en lui contant qu'il avait une dernière mission pour elle, la plus importante de toutes. Qu'à son terme, il lui rendrait la liberté pour en faire son associée, qu'ils deviendraient tous deux très riches, publiquement porteurs de la gratitude d'un Empereur dont elle n'avait jamais entendu parler - ce qui avait aussitôt éveillé l'intérêt de la jeune twi'lek, qui se voyait déjà dans un avenir proche parcourant la galaxie avec son propre vaisseau !

Mais pour ce faire, elle deviendrait une espionne de l'Empire au sein de la République. La petite espionne d'un sith, lâchée au coeur de Coruscant avec pour mission d'extorquer le plus d'informations vitales par n'importe quel moyen à n'importe qui. Il lui donnait deux ans, très exactement deux ans pour se trouver des contacts, pour trouver les informations stratégiques susceptibles de l'intéresser.
Mission suicide, certainement. Mais trouver le courage de lui désobéir ? … impossible. Avant de la mettre dans la navette, il lui avait implanté un un traceur, en la menaçant des pires sévices au cas où celui-ci serait coupé ; et l'adolescente était redesendue sur la ville-planète déterminée à accomplir sa mission.

Elle ne reculerait devant rien. C'était sa chance, la chance de sa vie ! Et elle gâcherait pas ça. C'était trop important... ce qu'il y avait de plus important au monde. La clé de son avenir.
A seize ans passés, c'était tellement inespéré !
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Mat'aenna (écrit par Mat'aenna)
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