FAQPortailAccueilRechercherAllgendaS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Chapitre 3.1 une paladine pas comme les autres

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Alyssande
Poussière d'Etoile
avatar

Nombre de messages : 1807
Age : 43
Personnage : Alyssande
Classe : Esper
Professions : couturier
Date d'inscription : 19/10/2006

Feuille de personnage
Nom, age, sexe, profession:
Description:
Statut actuel:

MessageSujet: Chapitre 3.1 une paladine pas comme les autres   Lun 30 Aoû - 16:16

Le silence régnait à l'intérieur de la tente de commandement. L'endroit était vaste, assez pour accueillir un petit état major, celui du quinzième bataillon des Chevaliers de la Lumière. Duncan, leur officier en charge, lisait un feuillet en grommelant, ses sourcils se fronçant à mesure qu'il progressait. Ses abondants cheveux gris et son épaisse moustache lui donnaient l'air d'un ours, et ce n'était pas son imposante carrure ou le fait qu'il dépassait tous ses hommes d'une bonne tête qui ternirait cette impression.

Sur les tables alentours, des cartes et des plans de la région, ainsi que des figurines de bois, marquaient l'emplacement des troupes amies et ennemis. En temps normal l'endroit était bruyant et plein de monde : pour l'heure il n'y avait que Duncan et le sujet de ce feuillet, une paladine encore jeune, à la flamboyante chevelure.

Il leva ses yeux sombres vers elle. Son armure était impeccablement entretenue, même si elle avait connu des jours meilleurs : divers impacts la parsemaient, certains à peine réparés, d'autres dont les traces s'obstinait à rester. A son côté, une lourde masse. Une arme remarquable au premier coup d'œil. La jeune femme paraissait minuscule à coté du commandant, et pourtant elle restait impassible, sure d'elle. Et surtout, il ne fallait s'y tromper, pensa Duncan. Elle avait ce regard, cette force intérieur si particulière : un feu brûlait en elle, et elle pouvait en remontrer à la majorité des hommes présents ici.

« Vous avez vraiment un don pour vous attirer des ennuis... »

La paladine ne répondit pas, se tenant au garde-à-vous qu'elle observait depuis environ trente minutes.

« Vous savez ce que sont ces pages, que je refuse de continuer à lire par ailleurs ? »

« Je suppose que ce sont des plaintes et des courriers pour dénoncer mon attitude d'hier. »

« Vous supposez bien, et je refuse de continuer à lire ces... Nous sommes ici pour mener une guerre, mademoiselle ! Vous êtes au courant ? »

« Oui monsieur. »

« Alors, dites-moi ? Que s'est-il passé pour que vous déclenchiez cette rixe hier au soir ? »

Elle serra les poings en repensant à l'année passée : en quête d'une compagnie pour mener l'assaut contre le Fléau après la chute du traître, elle avait rejoint un groupe de combattants. Pour eux, elle avait donné, encore et encore, mettant ses talents de stratège et de combattante à leur service. Petit à petit, la compagnie avait fini par oublier des concepts comme la fraternité, l'amitié, l'honneur ou le respect. Elle se sentait trahie : ces gens étaient tombés très bas, avaient fait passer leur ego avant leur devoir, avant...

« J'attends ! »

« C'est compliqué, monsieur. »

« J'imagine. Ce type, Gronar, que vous auriez projeté au travers de la fenêtre du carré des officiers... Un paladin, en plus ! Et l'autre, le gros, comment s'appelle t-il... Braguette, Bragouni, Bigoudi... Brakon, voilà ! J'ai le rapport des blessures que ces deux officiers ont subi... »

« Ah ? Et elle est longue ? »
La jeune femme souriait, visiblement satisfaite : elle avait bien un beau coquard et quelques fêlures, mais s'en était bien tirée.

« Cela vous fait rire ? Moi pas. Je déteste qu'on se comporte comme des sauvages sans respect pour le règlement ! Dites-moi ce qui justifie une mâchoire en morceau, des côtes cassées, une jambe pour le paladin, et j'en passe. »

« Monsieur, ces deux personnes ont amplement mérité cette correction. »

« J'aimerais bien savoir en quoi. »

Tout en répondant à Duncan, elle se remémora les évènements : en arrivant comme tous les soirs au carré des officiers, nouveau lieu d'établissement des stratégies des Liens de la Gloire, elle y avait rejoint Gronar et Brakon. L'objectif était de parler de leur organisation et des projets de la compagnie face à l'enlisement de la bataille de la Citadelle. Il leur fallait trouver quelque chose , signifiait le message qu'ils avaient reçu, et ce dans une certaine urgence.

Il ne manquait que Mayenne, un prêtre androgyne, qui assurait le commandement opérationnel, une personne discrète, à la personnalité effacée et trouble, que Gronar avait façonné pour en faire sa marionnette. Le talent de Mayenne était indéniable et Gronar avait usé du seul qu'il possédait : s'en servir pour sa propre gloire.

« Bonsoir messieurs ! »

Elle avait apparemment interrompue une discussion concernant un plan que quelqu'un a avait proposé, chose qui sembla les contrarier.

« Salut Lex' ! Assieds-toi, Mayenne ne va pas tarder. »

Lexdivina était venu, intriguée par la raison pour laquelle on la faisait participer à une décision stratégique, après des mois sans que personne ne l'écoute plus, la laissant s'occuper des tâches les plus ingrates. Tout ce temps perdu...

« Dis-moi, tu as gardé des rapports avec Kahoni ? »

La question la mit sur la défensive.

« Oui, elle et moi nous voyons régulièrement... Mais tu le sais, Gronar. Non ? »

Le paladin avait tenté des manœuvre de séduction à l'égard de la chamane à la hauteur de sa personnalité : grossières, vulgaires et malhabiles. Il en voulait depuis à Lexdivina car les deux femmes s'étaient rapprochées.

« Et Alyssande ? Tu lui parles toujours, depuis sa trahison et son départ en lâche ? »

Brakon, qui se contentait de sourire bêtement, ajouta tout de même un :

« Quelle chienne, celle là ! Elle se prend pas pour rien ! Mais t'inquiètes, on l'a bien démontée, elle a été forcée de remonter son propre groupe, en prenant ce qui passait : doit pas être bien brillant ! »

Là, Lexdivina commençait à avoir du mal : Alyssande et elle avaient tissé de solides liens d'amitié alors qu'ils tentaient tous à l'époque de remonter la pente après la désastreuse gestion de Gronar. Les manœuvres de certains officiers l'avaient décidée à quitter la compagnie et cela avait laissé une blessure chez certains.

« Je pense que je n'ai rien à faire ici si c'est pour dénigrer mes amies, et je te prierai de rester correct, Braguette, tu pourrais t'attirer des ennuis. »

Elle méprisait le guerrier qui arborait une armure toute étincelante, affichant ses multiples décorations, plus brillantes les unes que les autres, sûrement pour compenser un manque de lumière à l'intérieur.

« Allons, du calme Lex. Mayenne arrive et tu vas pouvoir nous aider à agir. »

Gronar cachait un truc, et elle n'aimait pas ça. Mais Mayenne arrivait. En la regardant, elle se dit qu'elle ne s'y ferait jamais. Difficile de savoir si il était lui ou elle, surtout à la façon dont Brakon lui tournait autour.

« Bonsoir tout le monde ! Désolé du retard, j'avais à finir mes peintures sur la façon si héroïque qu'on a eu de combattre la belette de Winchester près du lac au serpent magique. »

Dépité, Lexdivina se contenta de hocher la tête.

« Bien. Comme vous le savez tous, nous piétinons devant la citadelle. Il y a une semaine, la garde d'Argent a proposé un plan à Fordragon. L'astuce est absurde, mais aurait pu fonctionner, si l'on en croit Mayenne. Fort heureusement, nous avons agi pour limiter suffisamment le nombre de mages et de soldats expérimentés fournis à cette compagnie. »

La paladine se leva brusquement, hors d'elle. Elle détacha soigneusement ses mots :

« Vous avez fait quoi ? »

« On se calme, Lex' ! Au pire, Alyssande entrainera quelques soldats sans expérience dans la mort : la perte de si peu de vétérans ne se sentira pas. Et par la même occasion, on se débarrassera de cette garce. Si son plan avait fonctionné, elle aurait pu se hisser trop haut et il est hors de question qu'on mette notre position en jeu. Mayenne a déjà bossé sur un plan qui sera mis en place dans trois jours. »

« Vous êtes de grands malades ! On est là pour combattre le Fléau et Arthas, et toi, un paladin, tu oses faire ça ? Combien devront être sacrifiés pour que vous soyez au sommet ? »

« Et voilà. Je vous avais dit qu'elle marcherait pas, cette lesbienne… »

Brakon avait son sourire mauvais et suffisant en toisant Lexdivina du regard.

« Marcherait pas ? »

Mayenne reprit :

« Le plan d'Aly pourrait fonctionner : il est audacieux mais brillant. Le tout est qu'elle doive disposer de gens compétents et formés : nous y avons remédié. Enfin autant que possible. Ses chances sont amoindries et quelle que soit l'issue, les pertes seront énormes. Elle garde quand même une chance de réussir si Kahoni soutient son action : elle a réussi à l'embringuer dans son plan. Ta petite amie doit lui apporter le soutient des éléments, et si elle y parvient, ce qui n'est pas gagné, Alyssande pourrait bien réussir à débloquer la situation. »

« Ce qu'on veut de toi, Lex', c'est que tu dissuades Kahoni de l'aider. »

Gronar fixait la paladine avec cet air vicieux qu'elle lui connaissait. Le sang montait au visage de l'humaine et il devenait difficile de se contrôler.

« Tu auras une récompense. Brakon est prêt à te donner le bouclier que tu désirais... »

« Ouais, en fait il est nul : il va pas avec mon armure, tu vois... Et pour mes fans c'est moche, puis toi, Aly et Kaho vous faites des trucs à trois, non ? T'as qu'a l'allonger, elle pourra pas causer aux esprit ou ce genre de conneries... »

L'humain mimait de façon ridicule l'accouplement selon l'échelon perdu, fort heureusement, de l'humanité qu'il était.

C'en était trop : ils insultaient son amie, la femme qu'elle aimait, mettaient des vies en danger juste pour ne pas perdre en gloire... Le poing était parti sans qu'elle le réalise, explosant la machoire de Brakon, le projetant au sol. Déjà Gronar réagissait, ceinturant la paladine. Ces mains perverses, son corps répugnant près du sien... D'un coup violent du coude elle enfonça les côtes de l'humain dans un craquement net, et profitant de la surprise et de la douleur du paladin, elle le saisit et le souleva de terre.

Gronar, les yeux écarquillés, regardait la calme Lexdivina transformée en furie : la douleur et le goût du sang l'empêchaient de réfléchir, et il traversa la fenêtre avec une telle violence que des morceaux de bois et de verres se fichèrent dans ses chairs. L'impact, un étage plus bas, lui brisa la jambe et il sombra dans une inconscience bienvenue.

« Saxe pewtitwe... »

Brakon tentait de parler avec sa mâchoire en miettes, mais il ne parvenait pas à articuler. Il tenta de se relever, cherchant son arme.

La masse de Lexdivina brisa l'avant-bras du guerrier, lui arrachant des larmes de douleur. Il gémissait sous la soufrance que lui infligeait la fracture. Mayenne, effrayée, recula, préférant s'éviter la vindicte de la paladine visiblement hors d'elle. Brakon tentait de se protéger des coups de pied que lui assenait l'humaine, le projetant au travers de la salle. Puis il vit la masse levée et le regard lourd, chargé de rancoeur, des brimades, des insultes, du mépris que lui et ses amis avaient infligé à Lexdivina, et au travers de ce regard il sut qu'elle allait le tuer.

Avant qu'elle abatte sa masse, cinq garde se jetèrent sur elle pour la maitriser et la traîner en prison. Elle avait fini ici, devant Duncan.

« Je vois... »

Le paladin la regardait avec un mélange de compréhension et de respect.

« Nous sommes, nous, paladins, engagés dans une voie de Lumière. Servir et protéger, c'est notre credo. Pour ça, un certain sens de l'honneur est indispensable. Vous apprendrez bien assez tôt, petite, que parfois la sagesse veut qu'on use d'autres moyens que la violence pour parvenir à nos fins. En tant que commandant, je ne cautionne pas vos actes, mais je les comprends. En tant qu'homme, que paladin, je pense que ces gens ont eu ce qu'ils méritaient. »
Lexdivina accueillit ces paroles avec un certain soulagement.

« Attention cependant. Ils ont le bras long et on me refuse de vous affecter où que ce soit. En revanche, je dois soit vous proposer un poste quelque part dans les Marches de l'Ouest à vous occuper des toilettes de la garnison locale, ou bien un poste là où vous serez sure d'y passer.
De ce que vous m'avez raconté, vos ex-compagnons n'en resteront pas là et je ne sais ce qu'ils comptent faire. Je vous affecte donc à la Garde d'Argent qui ne dépend pas directement des forces de l'Alliance. Vous êtes par voie de conséquence renvoyée des Chevaliers de la Lumière, mais je vous conseille de vous rendre au plus tôt au camp de la Garde, et de vous présenter à Alyssande : si vous vous hâtez, vous pourrez les rejoindre à temps, ou au moins protéger cette fameuse Kahoni. »

« Merci monsieur ! Je vous revaudrai ça ! »

« Bwah ! Vous me devez rien. Faites votre travail et que je vous y reprenne plus, sinon je vous botte le cul moi même ! »

Elle salua et se rua vers la sortie, droit vers les écuries. Duncan la regarda partir : il se sentait vieux, cette campagne serait sa dernière, d'une façon ou d'une autre mais la relève était là. Il sourit et savoura un instant cette satisfaction. Un instant après, il beugla à son état-major d'entrer.


***********************


Lexdivina chevauchait au grand galop en direction du campement de la Garde d'Argent. L'endroit était éloigné et d'accès difficile : il se situait dans les hauteurs de la Couronne de Glace, sur un un plateau abrité. Peu d'aménagements avaient été nécessaires pour le rendre défendable. La route qui y menait était étroite et longeait la falaise avant de s'engouffrer dans un canyon permettant aux défenseurs de bloquer toute force terrestre sans trop de soucis.

Le vent frappait le visage de la paladine, meurtrissant sa peau, mais elle souriait. Finalement, elle était soulagée d'avoir sorti tout ce que lui pesait depuis si longtemps.

La glace et la neige accumulée l'obligea bientôt à ralentir : une sensation étrange la tenaillait, mais ici les émanations malsaines et angoissantes ne manquaient pas pour une personne sensible a la présence des démons et des morts vivant. Prudente, elle regarda tout de même alentours, marquant une pause. La zone était sure, du moins autant que possible vu le lieu : les combats avaient cessé depuis un moment par ici et on était maintenant sur l'arrière du front.

Le lieu était sinistre : on avait élevé des bûchers pour prévenir la réanimation des soldats tombés dans les deux camps et les traces noircies signalaient la présence du brasier. La neige avait recouvert les carcasses d'engins de guerres fauchés en plein essor, qu'ils soient volant ou terrestre, et qu'on avait pillé, ne laissant là que des structures inutiles et moribondes.

Où que son regard portât elle ne voyait que destruction et neige souillée, noirâtre ou rougie. La mort avait fait son œuvre. Dans ce paysage dévasté, tout prenait une allure menaçante et les lieux ou se cacher ne manquaient malheureusement pas. Elle poursuivit un instant encore son observation, se concentrant sur ce malaise en elle, mais ne parvint à trouver rien de suffisamment précis pour justifier sa méfiance : tout au plus une sensation de gène, qu'elle attribua à la nervosité et aux vestiges attachés à ce lieu.

Un bruit attira son attention, loin devant, en direction du campement. L'envol du convoi avait commencé : d'ici, les aéronefs semblaient patauds et leurs déplacements chaotiques. Les appareils laissaient derrière eux de grandes trainées de fumée. Ainsi, l'assaut était lancé. Elle avait raté l'envol de la Garde.

Autant pour les avertir des manigances de Gronar... Elle avait encore cependant tout intérêt à rejoindre Kahoni. Qui sait ce que risquait la chamane après son refus obstiné d'abandonner Alyssande ?

Le trajet jusqu'à la falaise sur le sentier qui menait au camp se poursuivit sans encombre. A plusieurs reprise, des mouvements qui s'était avérés n'être que le vent dans les décombres avaient alerté la paladine, et c'est avec soulagement qu'elle s'engagea sur la route qui longeait la falaise. Si quelqu'un la suivait ici, il serait vite repéré : plus de cachette, plus de recoin obscur.

Lexdivina ne se sentit pas plus rassurée d'être ici : les reflets renvoyés par la glace qui avait recouvert toute la falaise la mettaient mal à l'aise. Autour d'elle, des dizaines d'images de la jeune femme dansaient, déformées et ricanantes, transformant ses traits en la rendant terrifiante. Elle tâcha d'ignorer ces visions de cauchemar pour se concentrer sur la route qui se faisait traître.

Quelques minutes après, une explosion de flammes loin au dessous d'elle attira son œil, et elle put observer les nuages de fumée s'élevant des combats sporadiques opposant les deux camps : on aurait dit deux prédateurs se défiant, guettant la moindre faille, provoquant l'adversaire pour le pousser à la faute. Il n'y avait pas eu d'assaut d'envergure depuis le portail du couroux, depuis que la horde et l'alliance se disputaient le droit d'affronter Arthas. Oui, celui-ci devait trouver particulièrement intéressant que ses deux ennemis se battent à ses portes.

Résultat, personne n'avait le contrôle de l'espace aérien à proximité de la citadelle, hormis le Roi-Liche et ses troupes. C'était ce point qui rendait le plan d'Alyssande dangereux, mais il était évident que tant qu'Arthas tiendraient la porte et le ciel, les forces massées devant la citadelle n'avanceraient pas, et finiraient par s'y briser.

La tension soudaine du destrier et ses renâclements alertèrent l'humaine : l'animal avait senti un danger. Pourtant rien ne la suivait. Elle était seule, et ou qu'elle regarde, elle ne voyait qu'elle et ces hideuses copies d'elle-même. Calmant sa monture, elle la poussa à continuer. De mauvaise grâce, l'animal repris son chemin au pas.

Un mouvement près d'elle la fit sursauter. L'arme en main elle se retourna, mais ne fit face qu'à son reflet. Celui-ci lui semblait sourire, moqueur et narquois. Même en le détaillant bien, elle n'aurait su affirmer si cela était dû à la glace qui déformait tout ou bien si ce double d'elle avait une vie propre. Elle continua à le fixer, cherchant une trace, un indice, mais après quelques minutes elle ne vit rien de plus que ce sourire glacé et figé dans une attitude démente. Juste un reflet, rien de plus.

Elle reprit la route, mais son attention se portait de plus en plus vers les reflets, dont les membres s'allongeaient ou prenait des angles étranges, inhumains. Son cheval se cabra, hennissant furieusement et tenta d'aplatir quelque chose sous ses sabots. Lexdivina dut user de tous ses talents pour s'éviter une chute mortelle, calmant sa monture du mieux qu'elle pu, et mit pied à terre en la tenant prudemment par la bride. Cherchant ce qui avait bien pu effrayer l'animal, elle fouilla la neige à leur pied du regard. Une fois de plus, elle ne trouva rien que la glace et la neige enfoncées par les sabots.

« Il est beau le cheval de guerre... Tu as peur de ton ombre, maintenant ? »
Une marque sur le carapaçon du destrier attira son regard : quelque chose l'avait lacéré. Pas suffisamment pour l'endommager vraiment ou blesser l'animal, mais assez pour l'érafler sur une bonne longueur. Cette fois, elle en était sure : quelque chose était tapi quelque part ici. Elle chercha des traces d'enfouissement ou de pas qui auraient pu révéler une personne invisible ou dissimulée, mais encore une fois elle resta bredouille. Alors qu'elle s'apprêtait à remonter en selle, elle eût le sentiment que le reflet avait bougé de façon étrange. Se plaçant face à la falaise elle l'observa. L'image avait de longs doigts qui s'allongeaient comme des serres. Hypnotisée par le reflet qui semblait glisser sur la glace, un détail la surprit : des traces de peinture identiques à la couleur du caparaçon était visible à leur extrémité.

Elle fixa à nouveau le reflet qui cette fois la salua, ponctuant son salut d'un sourire torve et d'un regard plein de haine. Sans trop y croire elle abattit son marteau sur cet ennemi improbable, fissurant la glace sous l'impact. L'image se fragmenta, elle faisait face désormais a un innomable faciès ou d'innombrables yeux la fixaient, ou d'innombrables sourires narquois la défiaient. Elle restait hypnotisée par ce spectacle qui frisait la démence, un rire déformé se répercuta a l'infini alors que la chose se glissait par les fissures, comme un raz de marée de folie a l'état pure.

Le destrier recula brusquement manquant de glisser et de précipiter sa cavalière et lui même une bonne centaine de mètres plus bas. Une griffe acérée tenta de la saisir, une autre de lui lacérer le visage, des crocs se refermèrent près de sa jambe.

La silhouette se reconstituait devant l'impact. La glace émettait un sifflement et des bruits de craquement à mesure que cette copie malsaine s'extrayait. Un claquement de cuir retentit non loin et Lexdivina vit du coin de l'œil une nuée de gargouille passer au dessus d'elle et foncer vers le convoi. Devant, la chose continuait de se dégager de la glace, prenant corps et relief. La jeune femme se concentra sur la Lumière pour repousser la chose et purifier les lieux, les consacrant pour contraindre le mal à fuir. Le résultat n'était pas aussi probant qu'elle l'espérait car l'être n'avait été tout au plus que ralenti.

A cours de ressource l'humaine s'apprêtait a défendre chèrement sa vie quand le reflet d'une formidable explosion embrasa la glace sur toute la falaise, les reflets rouges orangés donnant a l'endroit un aspect encore plus terrifiant. Le reflet hurla de rage alors que son corps se consumait et que les rares parties sortie de la glace se vaporisait.
Regardant l'origine du phénomène, lexdivina compris que les mages avait déversé un feu dévastateur sur les gargouille et que son reflet avait eu des conséquences inattendues sur l'hideuse contrefaçon.

Un joli coup aux vues des silhouettes ailées dévorées par les flammes qui chutaient vers le sol, mais d'autres revenait a la charge et très vite les mages se retrouvèrent débordés. Mais ce qui alerta l'humaine ce fut la silhouette massive et terrible, même a cette distance de la dracoliche qui traversa la colonne ablatant un ou deux appareils au passage.
Bien organisé une troupe même composée de soldat peu expérimentés pouvait tenir tête aux gargouilles, mais la chose qui semait la destruction parmi eux c'était trop.
Rageant de ne pouvoir aider les soldat, Lexdivina serrait les poings, un reflet rouge vif attira son regard, un proto-drake s était joint a la bataille! Surement alyssande, quelle inconsciente!

Impuissante a aider son amie la haut dans le ciel elle avait tout intérêt a savoir pourquoi la chamane n'avait pas encore apporter le concours des éléments a la compagnie, et la créature a laquelle elle venait d'échapper montrait bien qu'on voulait l'empêcher de la rejoindre. Si Kahoni était en danger alors il fallait se hâter et laisser Alyssande gérer le convoi et ses assaillants, après tout ca ne serait pas la première foi qu'un miracle la sorte des ennuis.

Le canyon s'ouvrait enfin devant elle, peu engageant et sombre, un regard en arrière lui permis de voir que la bataille faisait rage en l'air, la dracoliche avait suivi le proto-drake mais rien n'était gagné.

« bah après tout … un piège en est il un si on sait qu'il est là? Voilà que je parle seule! »

elle s'engagea dans l'étroit corridor vigilante, mais hormis l'écho des sabots du cheval et du cliquetis de son armure rien, pas d'autre bruit, le silence, pas même le vent qui aurait du hurler, assourdissant dans ce canyon.
Le cheval progressait, aucun reflet dans les murs de glaces ternes et noirs, c'était comme si de l'encre avait gelé dans les murs.
Plus elle avançait plus son angoisse montait, elle sentait la présence de quelque chose de malveillant, en réalité cela l'oppressait comme si l'air était devenu épais et que le goût de chaque bouffée était rance et acre. C'était là et en même temps nulle part, tapi tout autour, sans âme sans désir autre que celui de tuer.
Il ne restait que la moitié du chemin a parcourir quand une sensation plus précise se fit, sous elle, le sol se fendillait et se craquelait, des mains décharnées et griffues s'échappaient bientôt suivies par les corps pathétiques et difformes d'une véritable armée de créatures mortes et hagardes.
écumantes de rages elle tentait de saisir le cheval, des gueules avides pleines de crocs s'ouvraient, ces choses ne cherchaient qu'a dévorer, et rien d'autre.
Le destrier bien qu'écumant et paniqué rua et se cabra, écrasant les corps sous ses sabots massifs. Lexdivina sauta a terre et libéra la formidable puissance de la lumière contenue en elle, elle se propagea alentour, illumina les lieux et brulant les morts affamés, les réduisant en cendres.

De sa masse elle abattait les rares rescapés qui se jetait sur elle. L'entrainement et une vie de danger lui permirent de noter un fugace mouvement dans l'extrémité de son champ de vision. Elle ne bougea pas assez vite mais suffisamment pour rester en vie. La douleur était atroce, un carreau avait transpercé sa joue en passant par l'arrière de la mâchoire déchirant les ligaments et les tendons fragiles. Si celui -ci avait été un carreau ordinaire il serait ressorti, mais le projectile était barbelé, il s'était fiché et ne semblait pas vouloir en sortir. Les barbelures s'était fichées dans les chairs arrachant plusieurs dents et une partie de la langue, le sang coulait a flot des lacérations et les dégâts empêchaient la déglutition, Lex se noyait dans son sang.

« Pas si costaude que ça la paladine, je comprend pas qu'il nous ait envoyés tout les deux. C'est vrai regarde la, ok elle a réchappé a ton carreau, mais juste pour crever lentement, entre le poison et la façon dont elle étouffe, elle en a plus pour longtemps. »

L'homme qui avait parlé venait de sortir du mur, en fait il avait coulé du mur, l'encre contenue dans la falaise avait suinté et coulé pour former une colonne noire et liquide qui petit a petit était devenue un humain trapu vêtu d'une lourde armure noire il tenait une longe épée parcourue de runes bleu et qui suintait de sang de façon continue, l'air autour de lui était chargé de miasmes et de fumées soufrées.

« ouais je suis la meilleure! Et elle c'est qu'un cadavre et je garderait ses yeux... pis ses cheveux m'en faut des nouveaux, j'ai jamais été rousse »

Surgit de la même manière, une femme ou du moins ce qu'il en restait s'approchait de Lexdivina, elle était en grande partie décomposée et l'armure de cuir autrefois élégante et ajustée n'était plus que des restes rongés par les vers, on discernait ses côtes et des morceaux de peau différentes avaient été cousue par endroit, un scalp blond avait quant à lui été fixé sur le crane décharné. La paladine, la main sur le visage tentait de parler mais sa mâchoire en grande partie pendante ne lui permettait que de sortir un son écœurant.

« qu'est ce qu'elle dit? »

l'humain rengainait son arme signe que pour lui le combat était fini.

« sait pas, mais surement une supplique pour que je l'achève, pas question elle va souffrir... »

« t'est une sadique tu le sait? Je suis sur que vivante déjà t'était qu'une garce »

Lexdivina a l'agonie arracha le carreau ce qui entraina une partie de sa joue et fit sortir son œil de son orbite, il pendait retenu par les nerfs a vif. Le hurlement et le sang qu'elle vomit fit reculer la morte vivante qui se penchait sur elle pour prélever quelques morceaux.

« elle est dingue! »

faisant appel a toute la puissance de la lumière qu'elle servait depuis si longtemps, elle senti son énergie revigorante réparer les chair refermer les plaies et ressouder les os et les tendons. Un instant avait suffit pour refermer toutes les plaies, laissant la paladine vide, elle ne perdit pas de temps à les laisser réagir et abattit sa masse dans le visage hideux de l'archère, un premier coup rapidement suivi d'un second puis d'un troisième. Chaque coup rendait un peu de force a l'humaine, et elle projeta une onde de lumière qui acheva de renvoyer dans sa tombe le cadavre ambulant et immonde.

« mais tu était morte ! »

« faut croire que non, et je disait que vous alliez payer bande de macaques! »

elle se rua sur le chevalier en hurlant, projetant une onde mystique sur lui, il était bon et esquiva les premières attaques le temps de sortir sa lourdé épée a deux mains. Lex ne le sous estima pas l'homme était un combattant expérimenté et elle était a bout de souffle.
Le chevalier tenta une manœuvre que le bouclier de la paladine réussit a peine a dévier, les deux combattant se tournaient autour, cherchant une ouverture.
Le ciel se couvrait de nuage et seul le silence désormais régnait dans le canyon, ces deux malades avaient il eu le temps d'attaquer la chamane? Si ce n'était pas le cas gagner du temps était la priorité.
Le tonnerre retenti dans le ciel, l'humain semblait nerveux a mesure que le temps se gâtait, il entama une série de passe d'armes de plus en plus offensive. L'armure de la paladine la protégea efficacement et elle opta pour une posture résolument défensive. Si son adversaire prenait tant de risque c'est que la chamane était en vie et qu'il devait la rejoindre au plus tôt cela ne faisait pas l'ombre d'un doute pour Lex, dans son état en revanche la paladine n'aurait pas plus d'un coup, deux peut être pour l'abattre avant de s'effondrer d'épuisement.
Les coups du chevalier se firent plus violent et le bras de l'humaine souffrait sous le bouclier, les miasmes alentour l'étouffait par moment, une sorte de fièvre la prenait et seule l'étincelle de lumière en elle la protégeait encore.
Lexdivina feignit une chute et le chevalier se rua sur elle, l'épée heurta le bouclier que Lex avait dressé en s'accroupissant pour amortir l'impact, son cheval chargea et projeta l'humain au sol, le piétinant, l'humaine se leva d'un bond et prenant sa masse a deux mains l'abattit sur la tête du chevalier écrasant le heaume, tant qu'elle pu elle frappa encore et encore jusqu'à ce qu'elle n'ait plus la force de tenir son arme et elle tomba a genou haletante. Au dessus d'elle les éléments se déchainait, furieux. Elle se hissa sur le cheval et le laissa l'entrainer vers la sortie du canyon.

Le cheval parvint au campement quasi désert. Lex se tenait aussi droite que possible mais elle sentait la lassitude envahir son corps, la vision de la chamane gisant dans une marre de sang entourée des quelques draeneïs lui fit oublier fatigue et douleur.

« qu'est ce qui s'est passé? Qu'a t'elle? »

le plus âgé des draeneïs se tourna vers elle

« elle a convoqué l'aide d'alliés puissants son corps ne l'a pas supporté, d'ordinaire seul les chamans les plus expérimentés tentent ce genre de contacts. »

Lex parcouru l'assemblé d'un oeil assuré, trois draeneïs gisaient au sol, les yeux grand ouverts, les autres tenait a peine debout.

« elle va s'endormir maintenant, elle mené sa mission a bien, elle a fait ce qu'elle devait, il est temps pour elle de gouter au repos. »

furieuse la paladine arracha Kahoni des bras qui la soulevait.

« c'est votre solution? La laisser mourir? »

« Détrompez vous paladine, nous n'avons plus la force de la sauver, notre énergie, notre force l'a soutenue durant son contact. Si ce n'était pas le cas nous l'aurions soignée, les esprits ne souhaitent pas sa mort »

l=Lexdivina fixa le vieux chaman, elle réfléchissait, mais elle non plus n'avait plus la force de soigner Kahoni, elle avait renoncé au soins, pourtant dans le canyon elle avait réussit un miracle!

« peut être, je peux peut être la sauver. »

« vous êtes a bout, si vous faites cela vous échangerez votre vie contre la sienne, elle ne voudrait pas cela »

elle ne pu retenir ses larmes et son cri de rage! Plus d'impuissance elle en avait marre de se sentir inutile, d'arriver trop tard, de rester inutile! Elle refusait de continuer.

« réveille toi ! Bourrique de draeneï, espèce de chèvre! Tu va pas te laisser aller t'a pas le droit ! Tu veux vivre alors aide moi ! »

L'humaine se mit a luire alors qu'elle hurlait sa colère et son sentiment d'impuissance, la force lui revenait et plus la lumière devenait intense plus la chamane reprenait des couleurs

Kahoni avait sombré dans un profond sommeil, loin elle percevait quelqu'un qui l'appelait, elle avait entendu chèvre? Une des moquerie habituelle des humains, mais qui la secouait comme un prunier, elle voulait dormir, elle avait donné plus qu'elle n'en avait la force.
Pourtant la chaleur qui l'enveloppait la revigorait, elle se sentait chez elle loin de ces terres gelées! Ce qu'elle détestait le froid, oui elle voulait une île avec une plage brulante une eau turquoise délicieusement tiède.

Bon elle avait des blessures et alors... hors de question de mourir dans ce cercueil de glace, elle mobilisa ses ressources et soigna ses plaies autant qu'elle pouvait.

« elle... elle a bougé... »

le vieux chaman fixait Kahoni éberlué.

« Aidez moi ! Seuls nous sommes trop faibles mais ensemble ... »

les draeneï se joignirent a la paladine, en effet ensemble chacun apporta une part de son énergie revigorante, Kahoni reprenait conscience.
Ouvrant les yeux elle regardait en face d'elle le visage de Lexdivina, les larmes et l'inquiétude de l'humaine était flagrantes, elle devait avoir l'air amochée.

« Dis, ça t'ennuierais de me laisser une grasse mat'? »

« Kahoni, je suis désolée je … je suis arrivé trop tard. »

« Crétine! Si t'était en retard je pourrais pas faire ça »

La chamane embrassa Lexdivina avec fougue, enfin autant qu'elle pouvait dans son état.

« J'ai réussi, t'as vu ce bordel? Je pense que je vais me mettre a bousiller tout les méchants, balancer des éclairs... mais avant t'aurai pas une couverture on se gèle ici.

_________________
Il n'y a pas de pire crime que de bruler les livres, hormis ne pas les lire
Revenir en haut Aller en bas
http://raid-argent.virtuaboard.com
 
Chapitre 3.1 une paladine pas comme les autres
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» -Ma fic- "L'histoire d'un chasseur pas comme les autres
» [SANS SUITE] Une barre de vie ... pas comme les autres
» Axolotl, un héros pas comme les autres de mon armée.
» Malicia :Un aventurier pas comme les autres ....
» Soirée entre filles pas comme les autres... | Lyann

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Garde d'Argent :: La Grande Bibliothèque :: Vies Antérieures :: Star Wars :: Il était une fois...-
Sauter vers: